Après avoir tout fait pour empêcher la tenue d’un vrai débat politique sur les semences transgéniques, la Commission de Bruxelles est prête désormais à engager une « réflexion » sur les organismes génétiquement modifiés. Le cadre législatif qu’elle a défendu pied à pied, rappelant aussi souvent que possible qu’il était le « plus sûr au monde », serait désormais un « pilote automatique » incontrôlable. Celui-ci l’obligerait à forcer les portes des Etats membres ayant des doutes sur l’innocuité d’un OGM pour leur environnement. Malgré elle ? C’est la prise de position de l’Allemagne contre le seul maïs autorisé à la culture en Europe qui est à l’origine de ce revirement soudain. L’exécutif européen est allé au bout de sa stratégie du passage en force incarnée par son président, José Manuel Barroso. Celui-ci est prêt à reconnaître maintenant qu’il faut « redonner une direction ». Le camp des opposants au maïs Mon 810, accusé de nuire à des papillons et à des coccinelles sans que cela n’ait été prévu, est désormais trop étoffé pour pouvoir l’ignorer. Sauf si Bruxelles joue la montre, pariant sur un nouveau retournement de situation en sa faveur, une fois les élections européennes passées.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.