Dans une lettre ouverte, datée du 15 juin, les membres de l’Ifoam (internationale des organisations bio) dont la Fnab, « attirent l’attention » du commissaire au commerce Pascal Lamy et de son collègue Jacques Barrot sur le taux de contamination des récoltes bio et conventionnelles par les OGM, fixé à 0,9%. L’Ifoam souligne que pour 50% des surfaces emblavées en Europe, notamment en céréales à paille (ces cultures seront un jour concernées par les OGM), les récoltes servant de semences l’année suivante. Si le taux de contamination de la récolte est supérieur aux taux de contamination des semences, la récolte ne pourra pas être utilisée pour emblaver. « L’acceptation de toute contamination aussi minime soit-elle reviendrait à remettre en cause le droit paysan à ressemer le grain récolté », note l’Ifoam.
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D’autre part, fixer un seuil de contamination des récoltes supérieur à celui des semences revient à autoriser une contamination évitable au cours de la collecte et du transport (les négociations actuelles à Bruxelles vont vers la fixation d’un taux de contamination des semences nettement inférieur à 0,9%), souligne l’Ifoam. Pour les agrobiologistes, la fixation de ces seuils vient d’une interprétation erronée de la législation européenne qui prévoit le déclassement des productions lorsqu’une contamination dépasse 0,9%. Désormais, les semenciers et les industriels s’orientent vers une organisation de leur production visant non pas à éviter les contaminations mais à éviter les déclassements.