Abonné

Oléoprotéagineux Oléopro 2012 : les chocs font avancer la filière

- - 5 min

À l’occasion du salon Oléopro 2012, seconde édition du genre depuis 10 ans, les 20 et 21 juin à Sourches, la filière oléoprotéagineuse a présenté aux agriculteurs, mais aussi à leur ministre, Stéphane Le Foll, les recherches menées pour répondre aux défis environnementaux et économiques qu’elle rencontre. Le ministre a salué la capacité d’organisation de la filière et s’est dit à l’écoute des agriculteurs, tout en souhaitant que les idées puissent se confronter dans un climat apaisé et rationnel. « Il faut sortir de l’émotion », a-t-il déclaré.

«En 1973, le choc de l’embargo américain sur les exportations de soja a engendré une prise de conscience politique sur la dépendance européenne aux protéines végétales », a expliqué Jacques Siret, président de l’Onidol (Organisation nationale interprofessionnelle des graines et fruits oléagineux). Selon lui, l’objectif principal du salon Oléopro 2012, les 20 et 21 juin à Sourches, était de recréer des liens entre éleveurs et agriculteurs. « Je suis convaincu que l’on va assister à un rapprochement des élevages des zones de cultures », a insisté Jacques Siret. Il s’est ainsi prononcé pour une amélioration des transferts entre ces secteurs, particulièrement en ce qui concerne le retour des effluents d’élevages sur les parcelles cultivées.

Favoriser les complémentarités
Sur le salon Oléopro 2012, la filière oléoprotéagineuse a souhaité faire la démonstration des nouvelles techniques d’adaptation aux contraintes environnementales et économiques, telle que la volatilité des prix, qu’elle développe avec ses instituts techniques comme le Cetiom (centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre). De véritables chocs pour un secteur aux confins de l’animal et du végétal, tentant de s’adapter grâce à l’innovation agronomique et au renouvellement des liens entre agriculteurs et éleveurs. Outre la mise en relation d’éleveurs et de producteurs grandes cultures, Oléopro 2012 a été l’occasion de présenter de nouvelles techniques en développement, telles que les mélanges d’espèces. Ainsi, grâce à l’implantation de légumineuses en mélange avec des graines de colza, il est possible de réduire les passages d’herbicides, ainsi que les apports de fertilisants. Selon les techniciens du Cetiom, cette technique permet de réduire l’Indice de fréquence de traitement (IFT) de 0,6 et d’abaisser au moins de 30 unités d’azote par hectare les apports d’engrais. De plus, cette stratégie d’implantation permet d’obtenir des rendements équivalents en baissant les charges à l’hectare et en améliorant la durabilité des productions agricoles. Au moment où les coûts des matières premières sont de plus en plus volatils, notamment sur l’énergie ou l’azote, ces techniques, permettant de réduire la dépendance des agriculteurs à ces produits, sont les bienvenues.

Diminuer la dépendance de l’agriculture française
« Il faut développer les oléagineux dont les débouchés sont constitués pour 40% par l’huile et 60% par les tourteaux », a indiqué Jacques Siret. Des productions qui, selon lui, permettent de diminuer la dépendance des élevages français aux tourteaux de soja importés, et qui trouvent aussi des débouchés vers le biodiesel. Biodiesel dont le bilan énergétique, parfois contesté, s’améliore avec des techniques agricoles utilisant moins d’intrants de synthèse en s’appuyant davantage sur les synergies entre les espèces végétales et animales. Tendance que Stéphane Le Foll a salué en indiquant que « le défi de la durabilité de l’alimentation animale et humaine allait s’imposer à nous ». Selon lui, il faut combiner les facteurs de production pour y arriver. Il a d’ailleurs souligné le rôle important des abeilles en agriculture en expliquant qu’il était sensible à l’avis des citoyens sur ce sujet. « Il y a un gisement de croissance dans la prise en compte de l’environnement », a-il indiqué. Il a ensuite salué les initiatives visant à développer l’agriculture écologiquement intensive (AEI) et déclaré : « Je serai là demain pour soutenir ces démarches ». Le ministre a aussi pointé le risque de la dépendance française aux protéines végétales d’importations en indiquant qu’il fallait traiter ce sujet afin de limiter l’exposition des productions animales à la volatilité des cours. « Cette dépendance n’est pas saine à terme pour l’agriculture », a-t-il déclaré en expliquant qu’il souhaite que les politiques européennes prennent ce problème à bras le corps. Enfin, Stéphane Le Foll s’est déclaré « assez d’accord » pour qu’un premier bilan du Grenelle de l’environnement soit réalisé en trouvant des voies de discussion.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

exportations
Suivi
Suivre