Production en berne et risque de pénurie : en Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive, la sécheresse et les températures anormalement élevées font craindre une « catastrophe » pour le secteur, déjà ébranlé par une année 2022 très difficile. En raison du manque d’eau et des températures extrêmes, la production espagnole d’huile d’olive avait plafonné à 660 000 tonnes contre 1,48 million de tonnes en 2021-2022, soit une chute de 55 % selon le ministère de l’Agriculture. Et le scénario est bien parti pour se répéter cette année. « Au vu des prévisions météo, c’est quasi une évidence : on part sur une nouvelle année noire », se désole Rafael Sanchez de Puerta, directeur général de Dcoop, première coopérative oléicole d’Espagne. De quoi mettre en péril de nombreuses exploitations. Pour les consommateurs, les perspectives s’annoncent également sombres. Ces derniers mois, le prix de l’huile a, de fait, déjà bondi. « Mi-avril, l’huile d’olive se vendait à 5 800 euros la tonne, alors qu’elle était à 5 300 euros en janvier 2023 » et « 3 500 euros en janvier 2022 », observe Fanny de Gasquet, de la société de courtage Baillon Intercor. Dans ce contexte, le gouvernement espagnol a abaissé fin 2022 de 10 % à 5 % la TVA sur l’huile d’olive, dans le cadre d’un plan anti-inflation. Pour soutenir les agriculteurs affectés par la sécheresse, il a par ailleurs réduit de 25 % l’impôt sur le revenu pour le secteur.
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Pour ajouter à la situation climatique, les exportations d’olives noires espagnoles connaissent des déboires commerciaux vers les États-Unis, leur principal débouché. Les ventes y ont chuté de 70 % depuis 2018, ce qui a déjà entraîné une perte de 160 M€. La raison en tient aux droits antidumping et compensateurs imposés par les États-Unis. Après la récente décision de les maintenir, la Commission européenne a lancé le 28 avril une procédure de mise en conformité auprès de l’OMC, qui les avaient jugé illégaux.