Abonné

Olives espagnoles : l’UE veut des sanctions contre les États-Unis

- - 3 min

La Commission européenne revient à la charge auprès de l’OMC concernant son différend avec les États-Unis sur les olives espagnoles. Bruxelles estime que le précédent jugement n’a toujours pas été appliqué et demande à pouvoir imposer des droits compensateurs sur certaines exportations américaines.

Le différend entre l’UE et les États-Unis concernant les olives espagnoles devrait revenir sur le devant de la scène. À l’occasion de la réunion de l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC du 25 novembre, l’UE va demander l’autorisation de suspendre l’application aux États-Unis de certaines concessions commerciales. En février, l’OMC avait confirmé le manque de mise en conformité des États-Unis, donnant raison à l’UE et lui offrant la possibilité de demander des compensations. Les deux parties n’étant pas parvenues à un accord sur une compensation mutuellement acceptable, l’UE estime notamment être en droit de suspendre des avantages pour un niveau annuel d’environ 35 millions de dollars (montant qui pourrait être ajusté pour tenir compte de l’inflation). En outre, Bruxelles souhaite aussi suspendre des concessions américaines en raison du fait que Washington « […] ne s’[est] pas conformé aux recommandations et décisions en tant que tel ». Pour l’heure, l’UE n’a pas communiqué la liste des marchandises et le niveau des droits de douane applicables à celles-ci.

Lire aussi : Olives espagnoles : l’OMC tranche encore en faveur de l’UE

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

« Bien que nous préférerions que les États-Unis se conforment à la décision de l’OMC sans aucune rétorsion nécessaire, nous soutenons cette nouvelle étape engagée par la Commission qui envoie un message clair aux partenaires des pays tiers : le soutien de la Pac est conforme aux règles de l’OMC et la Commission agira pour la défendre », ont réagi les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca).

Guerre commerciale

La mise en place des mesures américaines avait entraîné des conséquences importantes pour la filière espagnole. Avant 2017, l’Espagne était le plus grand exportateur d’olives mûres vers les États-Unis, pour une valeur de 67 M$, soit 76 % des importations américaines en la matière alors qu’en 2022, elles ne représentaient plus que 20 M$, soit seulement 26 % des importations américaines. Par ailleurs, cette demande intervient alors que Donald Trump, instigateur des droits de douane compensateurs sur les olives espagnoles à l’origine du différend, va revenir aux commandes des États-Unis le 20 janvier. Et l’homme d’affaires américain a d’ores et déjà prévenu qu’il souhaite mettre en place des droits de douane de 10 % ou 20 % pour toutes les importations, peu importe leur origine (et même jusqu’à 60 % pour la Chine). Une telle décision aurait pour conséquence d’ouvrir les portes à une guerre commerciale.