Olmix, le spécialiste des oligo-éléments à base d'algues pour l'agrofourniture animale et végétale, à Bréhan dans le centre Morbihan, investit sur son site historique et se développe en Côte d'Ivoire.
DEVENU en presque 20 ans leader mondial du marché des biotechnologies bleues pour la nutrition animale et végétale, avec 15 filiales commerciales dans le monde et une présence dans 60 pays, Olmix franchit une nouvelle étape dans son développement. L'entreprise qui compte six sites de production en Europe (en France, en Allemagne, en Roumanie et en Russie) et emploie 250 personnes, a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 60 millions d'euros en 2013 (exercice clos au 30/06). Son objectif ? Faire partie des pionniers de la création d'une nouvelle filière en Bretagne : la filière algues.
DES PRINCIPES ACTIFS ISSUS DES ALGUES
« Avec 2 500 km de côtes, le littoral breton est un vrai potentiel de culture et de transformation des algues, indique Sébastien Balusson, directeur général délégué d'Olmix. Cette nouvelle industrie doit s'allier avec le tourisme, le nautisme et les professionnels de la mer pour engager une réelle vision du futur pour la Bretagne. » Le pôle recherche et développement d'Olmix a déjà révélé l'efficacité des algues dans la nutrition animale et végétale. « Notre projet repose sur l'idée de proposer aux agriculteurs une alternative aux produits chimiques, de sortir des antibiotiques systématiques et des molécules de synthèse pour une alimentation naturelle de leurs élevages, explique Sébastien Balusson. Notre technologie permet d'extraire les principes actifs des algues, de les transformer en comprimés, en poudre, en pâte ou en gélifiant afin que les premixeurs les incorporent à l'alimentation animale. Ces principes actifs apportent ainsi des effets positifs sur la santé et la qualité de la digestion des animaux. » En effet, la composition même de l'algue est très riche d'un point de vue nutritionnel. Elle comporte ainsi de manière simultanée selon les espèces : minéraux, fibres, protéines, vitamines et lipides.
TRAITER 15 000 TONNES D'ALGUES PAR AN
Grâce au projet Ulvans, programme breton de recherche et développement collaboratif en vue de valoriser les algues dont Olmix est la tête de pont, l'industriel devrait bénéficier d'outils mutualisés pour la collecte, le lavage et le traitement des algues. PRP, spécialiste des engrais à Bréhan et Agrival, filiale de la SICA Saint-Pol dédiée à la valorisation des légumes invendus, sont également aux côtés d'Olmix pour investir une enveloppe globale de 22 millions d'euros afin de développer la filière, de la collecte à la distribution de produits finis en passant par la formulation, la valorisation, la transformation et le stockage. La Banque publique d'investissement apporte son concours à hauteur de 10,7 millions d'euros en avance remboursable. Ainsi Olmix devrait pouvoir traiter 15 000 tonnes d'algues fraîches par an dès 2015. Un chiffre loin des 20 millions de tonnes traitées chaque année par l'Asie pour l'alimentation humaine. En effet, l'Asie est le premier bassin producteur et consommateur d'algues. « La Chine et le Vietnam sont des vrais relais de croissance pour nos produits à base d'algues depuis 10 ans. Ils représentent aujourd'hui 30 % de notre chiffre d'affaires », complète Sébastien Balusson. La réputation française en matière de sécurité alimentaire n'est plus à faire à l'étranger. À l'horizon 2020, le projet breton Ulvans pour la création d'une filière de valorisation de cette éco-ressource que sont les algues devrait générer 150 millions d'euros de chiffre d'affaires selon les estimations d'Olmix et la création d'une centaine d'emplois.
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UN LABORATOIRE ET UNE USINE EN CÔTE D'IVOIRE
D'ailleurs, Olmix regarde vers les pays émergents, là où le potentiel de marché est important. « Nous souhaitons investir sur des marchés d'avenir », remarque le dirigeant. « L'Afrique est justement un continent jeune et en pleine expansion, où nous avons une carte à jouer ». Après avoir créé un bureau commercial il y a deux ans en Côte d'Ivoire, Olmix s'apprête à lancer conjointement avec l'État ivoirien la construction d'un laboratoire d'analyses et d'une usine de traitement des algues locales. En raison du climat chaud en Afrique de l'Ouest, les bactéries prolifèrent et se stabilisent. Les animaux d'élevage souffrent alors d'insuffisance nutritionnelle. « L'utilisation de protéines pour améliorer la qualité nutritionnelle de l'alimentation animale devient essentielle », complète Sébastien Balusson. C'est pourquoi la Côte d'Ivoire a sollicité la technologie et le savoir-faire d'Olmix. Le laboratoire d'analyses, situé aux portes d'Abidjan, doit voir le jour à la fin de l'année et l'usine fin 2015. Entre 50 et 100 emplois directs et indirects seront créés sur place.
800 000 EUROS INVESTIS À BRÉHAN
Au même moment, Olmix attaque des chantiers sur son site historique à Bréhan, en plein cœur de Bretagne. La construction de salles blanches, à l'air contrôlé pour la fabrication de nouveaux produits à base d'algues de très haute qualité, a débuté. Les 600 m2 seront livrés en septembre prochain. Montant de l'investissement : 800.000 euros. L'usine de 5 000 m2 devrait également connaître une extension dans les pro-chaines années. « Nous travaillons aujourd'hui davantage sur les algues vertes mais prévoyons d'augmenter nos volumes sur les algues rouges », indique Sébastien Balusson. Pour cela, Olmix devra alors pousser les murs et prévoit un agrandissement de 2 000 à 3 000 m2 supplémentaires dans les trois ans à venir.
La dernière assemblée générale d'Olmix a entériné le changement de date de clôture des comptes, du 30 juin au 31 décembre désormais. Ce changement fait suite à la sortie du périmètre de consolidation de la filiale hollandaise Olmix BV, spécialisée dans la commercialisation des sels organiques. Une opération réa-lisée dans le cadre de la stratégie de réorganisation d'Olmix visant à recentrer ses activités dans le domaine de l'hygiène et de la nutrition animales, son activité cœur de métier. Olmix BV a été reprise par Melspring SAS, le principal actionnaire d'Olmix pour 9 millions d'euros. De fait, sur son dernier exercice d'une durée exceptionnelle de 6 mois (de juin à décembre 2013), Olmix a annoncé un chiffre d'affaires de 14,93 millions et un résultat d'exploitation de 0,94 millions (contre des chiffres pro forma sur les six derniers mois de 2012 de respectivement 16,09 millions et 1,31 millions). Olmix est inscrit sur le marché libre d'Euronext Paris depuis 2005. PDf