Les femmes ont trouvé leur place en agriculture. Elles représentent plus d’un quart des chefs d’exploitation ou co-exploitants en France. Celles qui ont moins de 40 ans sont souvent plus diplômées que les garçons, elles sont installées sur des exploitations plus petites, davantage tournées vers les marchés de proximité, le bio, les produits sous signes de qualité, l’agrotourisme, les élevages bovin lait ou de petits ruminants, ou bien encore vers le maraîchage ou la viticulture. Bref, les femmes agricultrices accompagnent la montée en gamme de l’agriculture française.
Voilà pour la carte postale. Mais il y a un côté plus sombre du tableau. Une étude de la MSA vient de montrer que le revenu agricole annuel pour les agricultrices imposées au réel est de 9 552 euros, soit un tiers de moins que le revenu des agriculteurs hommes. Pire : les femmes chefs d’exploitation sont 42 % à bénéficier d’un revenu inférieur à 4 135 euros par an, contre 37 % chez les hommes. Et leurs conditions de vie sont encore très difficiles : pas de congé maternité digne de ce nom, près de 58 % des agricultrices ne prennent pas leur congé maternité, faute d’information ou d’offre de remplacement ; les agricultrices touchent des retraites nettement plus faibles que celle des hommes. Et la reconnaissance en tant que chef d’entreprise aux yeux de l’entourage professionnel est encore bien difficile.
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Il reste donc un long chemin à parcourir pour une égalité sociale et économique entre hommes et femmes en agriculture. Le gouvernement doit s’appuyer sur les conclusions du rapport d’information « Femmes et agriculture : pour l’égalité dans les territoires » du Sénat de l’an passé, pour élaborer un projet de loi. Vite, elles l’attendent.