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OMC : appel à une action coordonnée pour contrer la hausse des prix alimentaires

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Alors que la guerre en Ukraine a poussé à la hausse les prix alimentaires, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a appelé urgemment tous les membres à se coordonner pour garantir la sécurité alimentaire. Elle insiste pour que les marchés restent ouverts et que les pays libèrent leurs stocks de céréales.

En raison des risques pour la sécurité alimentaire liés à la guerre en Ukraine, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a appelé le 28 mars lors d’une réunion informelle du Conseil général « à une action coordonnée pour faire face à la forte hausse des prix des produits alimentaires de base » et « à la menace de pénuries alimentaires dans les pays qui dépendent de l’Ukraine et de la Russie pour leur approvisionnement ». À cet égard, elle a notamment insisté sur le fait que « ce n’est pas le moment de se replier sur soi, c’est le moment de souligner l’importance du multilatéralisme, de la solidarité mondiale et de la coopération ».

À cette fin, elle a souligné que « la résilience de l’approvisionnement sera finalement mieux servie par des marchés internationaux plus profonds et plus diversifiés », tout en prévenant que « la concentration de l’approvisionnement et de la production sur le territoire national, bien que compréhensible, pourrait également créer de nouvelles vulnérabilités et ne pas être la meilleure stratégie de gestion des risques ». Dans ce contexte, Ngozi Okonjo-Iweala rappelle que « les prix des principaux produits de base en Afrique ont augmenté de 20 à 50 % entre janvier et mars » et que « pour des dizaines de pays pauvres et des dizaines de millions de personnes, la sécurité alimentaire de base est en danger ».

Libération de stocks de céréales et hausse de l’offre d’engrais

L’OMC qui doit soumettre bientôt aux membres une analyse des questions de sécurité alimentaire, recommande « aux pays disposant de stocks tampons et pouvant se permettre de les partager de coordonner la libération de blé, d’orge, d’autres céréales, de grains et d’huiles sur les marchés internationaux, atténuant ainsi la compression de l’offre ». « Et certains, comme les États-Unis, le Canada, l’Australie, l’Argentine et la France, pourraient accroître la culture du blé, tandis que d’autres, comme la Chine, l’Allemagne, le Maroc, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Nigeria, pourraient augmenter l’offre mondiale d’engrais », ajoute l’organisation genevoise.

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Par ailleurs, elle recommande aussi à l’Afrique qui dispose de terres abondantes et d’autres ressources « de prendre des mesures pour produire elle-même davantage de nourriture en utilisant des variétés plus adaptables de blé, de maïs et d’autres cultures ». Enfin l’OMC propose que « des mesures de facilitation du commerce soient mises en œuvre pour faciliter la libre circulation des marchandises, et que des efforts soient faits pour permettre au Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) d’accéder pleinement aux achats humanitaires ».

Présente également à cette réunion, la présidente des négociations pour l’Agriculture Gloria Abraham Peralta, a confirmé qu’une conférence sur la sécurité alimentaire aura bien lieu à la fin du mois d’avril en vue de la douzième conférence ministérielle de juin.