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OMC : la question de la sécurité alimentaire divise les membres

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Malgré leur prolongation du fait du report de la douzième conférence ministérielle de l’OMC (prévue finalement en juin), les négociations agricoles n’avancent toujours pas. Lors du dernier comité de l’Agriculture, les membres ont montré plusieurs points de désaccord, notamment sur les solutions à privilégier pour assurer la sécurité alimentaire dans le contexte de la guerre en Ukraine. D’autres dossiers divisent encore, les soutiens internes en particulier.

À un peu plus d’un mois de la douzième conférence ministérielle (CM12) de l’OMC (prévue du 12 au 15 juin), « aucun progrès n’a été réalisé sur les sujets clés (soutiens internes, stockage public, mécanisme de sauvegarde…) », a alerté le 27 avril la présidente des négociations agricoles, Gloria Abraham Peralta. Lors de la dernière réunion du comité de l’Agriculture, les membres ont notamment exprimé de fortes divergences concernant les solutions à envisager pour traiter la question urgente, depuis la guerre en Ukraine, de la sécurité alimentaire. Selon l’Inde, soutenue par la Chine et le Groupe Afrique, « une solution permanente sur la question du stockage public est impérative lors de la CM12 pour satisfaire les besoins des pays en développement avant d’engager des réformes de libéralisation du commerce ».

Lire aussi : « OMC : la sécurité alimentaire nouvelle priorité de la conférence ministérielle »

À l’inverse d’autres membres comme les États-Unis, l’UE et les pays du groupe de Cairns (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) estiment que le stockage public, bien que représentant une partie importante du paquet de sécurité alimentaire lors de la CM12, n’est pas la solution idéale pour régler ce problème car il pourrait fausser le commerce. Ils soulignent ainsi l’importance d’équilibrer l’objectif à court terme (lutte contre l’insécurité alimentaire) et les objectifs à long terme (poursuite des réformes agricoles et de la libéralisation des échanges). À cette fin, ils ont plaidé en faveur d’une transparence accrue afin que « le commerce puisse jouer son rôle en acheminant les marchandises vers les endroits qui en ont le plus besoin ».

D’autres dossiers urgents

Sur la question des soutiens internes distorsifs, les pays du groupe de Cairns (principaux pays exportateurs) ont expliqué que le dossier sur la sécurité alimentaire ne doit pas faire oublier d’autres enjeux cruciaux des négociations notamment la question des soutiens internes distorsifs. Sur ce point, ils expliquent que ce sujet doit être traité avec « la plus grande importance ». De leur côté, les pays les moins avancés ont encore insisté pour être exclus du nouveau cadre visant une élimination progressive des subventions agricoles.

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Au regard de l’état des négociations, l’UE a indiqué qu’elle attendait lors de la CM12, malgré encore de nombreuses divergences, « un résultat multilatéral sur la sécurité alimentaire, des programmes de travail sur les autres dossiers et une décision spécifique sur la dérogation des achats de produits alimentaires du Pam ». Les ministres de l’Agriculture de l’UE devraient, lors du prochain Conseil du 24 mai, avoir un échange de vues sur la préparation de la CM12.

La réunion informelle des chefs de délégations du comité de l’Agriculture de l’OMC qui se tiendra le 9 mai, visera à préciser les orientations générales pour la suite des négociations avant qu’elles entament leur dernière ligne droite.