Fin avril, les négociateurs à l’OMC espèrent parvenir à un accord sur les modalités chiffrées de l’accès au marché pour les produits agricoles et industriels. Un objectif qui paraît de plus en plus insurmontable, étant donné l’absence d’accélération dans les négociations menées au niveau technique, à Genève.
A un mois de l’échéance cruciale pour le cycle de Doha, « le moment de vérité approche à grands pas » dans les négociations OMC, estime Pascal Lamy, le directeur général de l’organisation internationale. Les membres de l’OMC « savent que si cette échéance n’est pas respectée, les chances de conclure le cycle seront beaucoup plus faibles », a précisé l’ancien commissaire au commerce, devant la commission du commerce international du Parlement européen. M. Lamy a accentué la pression sur l’Union européenne, les Etats-Unis et le G20 afin qu’ils fassent des efforts suffisants pour permettre de sauver la négociation entamée en 2001.
« Les négociateurs européens savent que l’offre agricole du 28 octobre devra être améliorée pour parvenir à un accord», estime le directeur général. Que cela plaise ou non, « l’agriculture reste au centre des négociations » parce qu’elle est « en retard de plusieurs cycles par rapport aux autres domaines tels que les produits industriels », a indiqué M. Lamy. Le sujet le plus sensible pour l’Union européenne reste la proportion des produits agricoles classés en produits sensibles. Elle a proposé 8 % des lignes tarifaires ce qui est jugé inacceptable par le Brésil.
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Commentant les simulations en cours à Genève pour analyser quels seraient les gains et les concessions de chacun en accès réel au marché, Pascal Lamy s’est contenté de souligner qu’« il y a des combinaisons qui collent et permettent d’arriver à un accord, d’autres qui ne collent pas ». Plus précisément, sur les dossiers agricoles la négociation n’a pas « avancé matériellement », regrette le président du groupe, l’ambassadeur Crawford Falconer, après un nouveau rendez-vous le 24 mars. Mais elle a réalisé des progrès un peu moins tangibles.