A la mi-juillet les négociateurs espèrent avoir bouclé les principes généraux d’un accord pour la libéralisation des échanges à l’OMC. Pourtant, les discussions piétinent encore au stade des déclarations d’intentions. Des engagements concrets sont encore à trouver sur les taxes à l’importation notamment.
Il n’est plus un jour, ou presque, sans un appel du directeur général de l’Organisation mondiale du commerce aux membres de son institution : les négociateurs du cycle de Doha doivent passer aux choses sérieuses. Il appelle surtout l’Union européenne, les pays émergents du G20 et les Etats-Unis à clarifier leurs positions. Toutes les délégations « savent maintenant qu’elles vont devoir trouver un équilibre, mais nous n’en sommes pas encore là », déplore-t-il, estimant que « le niveau des engagements n’est pas encore clarifié ».
« Il faut peser les choux et les carottes »
D’ailleurs, à entendre Pascal Lamy, le commissaire européen au Commerce en charge pour l’UE de ces négociations, les débats peinent à franchir le cap des déclarations politiques générales. « Cela a avancé au niveau politique mais pas au niveau technique », reconnaît-il dans une interview. « La négociation est épouvantablement technique et au final, il faut peser des choux et des carottes», explique-t-il. Pour autant, un pas semble avoir été franchi après les derniers jours de discussion, le week-end passé. « Sur le paquet agricole, le temps des jeux tactiques, pour voir ce que le voisin met sur la table s’efface derrière un compromis équilibré », se félicite le commissaire.
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« Parallélisme et équivalence »
Les discussions auraient permis, aux yeux de Pascal Lamy, d’asseoir, dans la négociation, les principes d’équivalence et de parallélisme. Ce point est particulièrement important pour l’Union européenne qui s’est dite prête à supprimer totalement ses restitutions à l’exportation, comme le demandent les pays émergents, sous réserve d’être suivie par les autres pays riches. Pour autant, les problèmes persistent sur les taxes à l’importation, que les pays riches veulent voir baisser en contre-partie. Le sujet divise les pays émergents. Le Brésil demande leur suppression afin de faciliter ses exportations alors que l’Inde y est très attachée. Cette dernière s’en sert pour protéger du marché mondial ses millions de paysans. Le sujet y est d’autant plus sensible que ceux-ci ont contribué à faire élire le nouveau gouvernement de gauche.