Après des mois de négociations infructueuses en vue de la conférence ministérielle (CM12 reportée finalement en novembre), les membres du comité de l’Agriculture de l’OMC ont convenu le 24 janvier de mettre de côté le texte de compromis discuté jusqu’à présent. Alors qu’il cristallise beaucoup trop de divergences – l’Inde par exemple le considère comme « une erreur » – l’UE a proposé « de ne pas reprendre immédiatement les négociations fondées sur ce texte ». Un scénario soutenu par la présidente des négociations elle-même, qui a reconnu que son projet de compromis était loin de faire l’unanimité. Toutefois, Gloria Abraham Peralta a prévenu les membres que le résultat des négociations restait entre leurs mains et à cette fin, elle a exhorté chacun à adopter une approche flexible dans les négociations à venir.
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Pour la suite des pourparlers, les pays du groupe de Cairns (principaux pays exportateurs de produits agricoles) ont une nouvelle fois indiqué qu’ils aimeraient approfondir le niveau d’ambition concernant la réduction du soutien interne alors que les pays du G10 ont fait une demande similaire pour l’accès au marché et la transparence. Quant au groupe africain, des Caraïbes et du Pacifique, le G33 (groupe de pays en développement et de pays les moins avancés) et la Chine, la priorité serait de prendre en compte davantage d’éléments de leurs propositions, en particulier celles sur le stockage public et le mécanisme de sauvegarde spéciale. Par ailleurs, de nombreux membres (tant les pays en développement que les pays développés) ont encore souligné l’importance de traiter l’enjeu de l’insécurité alimentaire, surtout dans le contexte de la pandémie de Covid-19. D’autres membres (Suisse, Japon, Nouvelle-Zélande, Brésil…) ont souligné aussi la nécessité de définir les éléments qui constituent la sécurité alimentaire, en allant au-delà du stockage public et en incluant peut-être le soutien interne, l’accès au marché, les dérogations au Programme alimentaire mondial.
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Les négociateurs ont également promis de maintenir la bonne dynamique des négociations et, grâce au temps supplémentaire gagné, ils ont admis que des opportunités existaient afin d’améliorer la situation des négociations.