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OMC : les négociations agricoles reprennent du service

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Les discussions agricoles au sein de l’Organisation mondiale du commerce ont repris du 21 au 23 septembre, dans un contexte particulier lié à la fois au Covid-19 et au défi que représente la réforme de l’institution genevoise. Sans oublier la désignation du prochain directeur général.

En attendant son prochain directeur général depuis le départ précipité de Roberto Azevêdo le 30 août dernier, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) veut tenter de donner un nouvel élan aux discussions sur l’agriculture. Lors de la réunion du comité de l’Agriculture, du 21 au 23 septembre, les différentes délégations ont, à la fois, présenté le contenu de leur politique agricole et discuté sur le suivi de la décision de Nairobi sur la concurrence à l’exportation. Ils ont également mené un examen de la liste des pays en développement importateurs nets de produits alimentaires. Dans un second temps, les membres de l’OMC ont abordé la question de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le secteur agricole et des politiques mises en œuvre par les membres en réponse à la crise. Ces échanges ont ainsi permis aux délégations de discuter du plan de travail dans la perspective de la douzième Conférence ministérielle prévue pour juin 2021. Lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE le 21 septembre à Bruxelles, le commissaire européen Janusz Wojciechowski a expliqué qu’« il reste difficile d’obtenir des résultats substantiels dans les négociations agricoles de l’OMC en raison du manque de convergence entre les membres sur les principaux dossiers ».

Des progrès attendus

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Concernant la réforme de l’OMC, le commissaire à l’Agriculture a indiqué que l’UE espère que celle-ci « fera un pas en avant positif ». Et d’ajouter que « nous voyons des perspectives de progrès en matière de transparence et de restrictions à l’exportation, mais les membres de l’OMC ne sont guère disposés à aller beaucoup plus loin à ce stade ». Son collègue au Commerce, Valdis Dombrovskis, a quant à lui, déclaré lors du conseil des ministres du Commerce à Berlin, que « la réforme de l’OMC doit se concentrer à la fois sur le système de règlement des différends, la relance des négociations commerciales mondiales et la résolution des problèmes liés au commerce international, notamment la durabilité et la nécessité d’établir des conditions équitables ».

Le prochain directeur général de l’OMC aura donc de sérieux défis à relever. Actuellement, il reste cinq candidats en lice, dont trois femmes. Il s’agit de la ministre kenyane Amina Mohamed, de l’ancienne ministre nigériane des Finances Ngozi Okonjo-Iweala, de la ministre du Commerce de la Corée du Sud Yoo Myung-hee, du Saoudien Mohamed el Touwaidjiri et de l’ancien ministre britannique Liam Fox. Pour Valdis Dombrovskis, « le prochain directeur général devrait être capable de présenter des points de vue équilibrés qui reflètent la nature diverse des membres de l’organisation ». Le deuxième tour, qui devrait se tenir du 24 septembre au 6 octobre, verra le nombre de candidats réduit à deux. Le troisième et dernier tour aura lieu, selon l’OMC, début novembre 2020.