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OMC : les tractations agricoles se poursuivent

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Après l’échec de la conférence ministérielle d’Abou Dhabi, les membres explorent les différentes options pour relancer le processus sur les questions agricoles. Après le Brésil, les pays africains ont présenté une proposition, pour un accueil en demi-teinte. Un point d’étape sera effectué lors du Conseil général de fin juillet.

Les membres de l’OMC ont fait un état des lieux, le 5 juillet à l’occasion d’une réunion du comité de l’Agriculture, des pourparlers en cours. L’idée est de préparer la réunion du Conseil général de l’OMC des 22 au 23 juillet. Pour la circonstance, le groupe des pays africains, via le Nigeria, a présenté une proposition détaillant ses positions sur les sujets des négociations agricoles (le soutien interne, l’accès au marché, les stocks publics, le mécanisme de sauvegarde spécial, les restrictions à l’exportation, la concurrence à l’exportation et, bien entendu, le coton). Ce document inclut également un calendrier et des éléments sur le processus pour les futures discussions. Concrètement, ces pays suggèrent l’établissement « de calendriers de négociation annuels pour l’examen de tous les aspects, y compris les éléments et la méthode, de chacun des sujets de négociation » et un examen régulier des progrès effectués. Autre élément : ils souhaitent l’adoption d’un accord-cadre intermédiaire de l’accord quatre mois avant la tenue de la 14e conférence ministérielle (CM14). « Ce cadre donnera une vue d’ensemble des structures fondamentales de l’accord, ou d’autres résultats devant être obtenus d’ici à la CM14 […] et pourra comprendre des textes ayant des niveaux de maturité différents », est-il précisé.

Réactions mitigées

Le Brésil, qui a publié le 8 avril une communication intitulée Faire avancer les négociations agricoles visant à relancer les pourparlers, a indiqué qu’il allait à présent mener des consultations avec le Groupe africain. D’autres délégations qui, comme le Brésil, font partie du Groupe de Cairns (exportateurs agricoles) estiment qu’il est nécessaire de trouver un terrain d’entente entre la proposition du Brésil et celle du Groupe africain qui s’inspirent toutes deux du texte de négociation discuté lors de la CM13, même s’ils considèrent le texte brésilien comme plus équilibré.

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Les États-Unis, la Chine et l’UE ont eu un accueil plus mitigé de la proposition des pays africains. Washington aurait même estimé qu’elle représente « un recul par rapport au haut degré » du texte du président Alparslan Acarsoy, appelant le Groupe africain à « rétablir l’équilibre du texte ». Pékin a, pour sa part, mis ces pays en garde contre une feuille de route qui pousserait au séquençage des sujets afin d’obtenir des résultats sur certaines questions avant d’envisager d’autres. De son côté, Bruxelles appelle à la mise en place d’un calendrier flexible qui tienne compte des intérêts de tous les membres. Alors que les pourparlers devraient reprendre après une pause estivale, le président Alparslan Acarsoy a mis en avant l’importance d’avoir des discussions informelles avant les réunions de négociation formelles afin de réduire les écarts et identifier les éventuelles zones de convergence.