Devant les eurodéputés de la commission du Commerce international, la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a indiqué le 20 mai, que sur les questions relatives aux subventions agricoles « certains efforts doivent être accomplis davantage par certains membres que par d’autres ». Sans les citer, elle pointe du doigt, une nouvelle fois, les membres des pays industrialisés tels que l’UE et les États-Unis, chez qui « ce sujet reste très délicat à aborder », précise-t-elle (1). Dans la perspective de la prochaine conférence ministérielle (MC12) prévue fin novembre à Genève, elle a expliqué que sans efforts de certains pays, « les membres des pays en développement pourraient se retirer de l’accord de Doha ». Et elle précise que « la réussite de la MC12 dépendra aussi fortement des avancées en matière d’agriculture ».
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À cette fin, Ngozi Okonjo-Iweala a sollicité l’aide de l’UE pour arriver à un « paquet raisonnable qui portera à la fois sur les questions de sécurité alimentaire, la dérogation pour l’aide humanitaire du PAM (Programme alimentaire mondial des Nations Unies) ». En revanche, sur le dossier sensible des soutiens internes distorsifs, elle est restée évasive concernant les résultats qu’il serait possible d’atteindre. Elle a seulement souligné que « le sujet est au cœur du programme de travail de l’OMC ». En attendant, elle a tout de même prévenu que « nous devons nous pencher sur cette question. On ne voudrait pas que les membres pensent que ce système qui doit aboutir à des conditions de concurrence équitable ne permet pas vraiment d’y arriver et qu’il n’y a plus d’équilibre ». Avant de préciser qu’ « avec la Banque mondiale et l’OCDE, nous sommes en train de mener une étude pour voir ce qu’il en est des subventions de façon générale et cela devrait nous permettre d’étudier en profondeur la situation. Ces questions d’agriculture sont ainsi des enjeux importants et restent une des principales préoccupations chez plusieurs membres de l’OMC ».