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OMC : nouvel échec des pourparlers agricoles à Yaoundé

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La 14e Conférence ministérielle de l’OMC a échoué à parvenir à un résultat significatif. Au niveau agricole, le projet de texte mis sur la table, pourtant peu ambitieux, n’a pas recueilli le consensus nécessaire. Les discussions de fond devraient à présent reprendre à Genève.

Après la déconvenue d’Abou Dhabi en 2024, les membres de l’OMC ont, une nouvelle fois, échoué à parvenir à un accord majeur, le 29 mars à l’issue de la 14e Conférence ministérielle qui se déroulait à Yaoundé (Cameroun) depuis le 26 mars. Et, malgré la bonne volonté de sa directrice générale, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, c’est l’avenir de l’organisation internationale genevoise dans son ensemble qui est remis en cause. « J’ai toujours été sceptique quant à l’utilité de l’OMC, et la conférence de cette semaine a confirmé que cette organisation ne jouera qu’un rôle limité dans les futurs efforts en matière de politique commerciale mondiale », a ainsi déclaré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, dans un communiqué du 30 mars.

Lire aussi : OMC : un optimisme mesuré sur la possibilité de parvenir à compromis agricole

Et l’agriculture, sujet de tension régulier dans les discussions, ne fait pas exception. Malgré des débats qualifiés de « soutenus » sur les principaux points agricoles à l’ordre du jour (accès aux marchés, sécurité alimentaire, stockage public, mesures de sauvegarde spéciales), aucun consensus n’a finalement pu être dégagé pour sortir de l’impasse persistante des négociations et définir un programme de travail pour l’avenir. Selon l’AFP, des désaccords profonds persistent, les États-Unis souhaitant relancer les négociations agricoles sur de nouvelles bases, une approche rejetée par de nombreux pays en développement, dont l’Inde.

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Christophe Hansen
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Le président des négociations agricoles de l’institution, le Pakistanais Ali Sarfraz Hussain, n’avait pas ménagé ses efforts pour mettre sur la table un projet de déclaration ministérielle pourtant peu ambitieux. « Ce texte avait recueilli une convergence quasi totale parmi les Membres de l’OMC », a indiqué, le 30 mars lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, le commissaire Christophe Hansen, présent à Yaoundé. Et d’ajouter : « L’UE était prête à approuver le texte, car nous en reconnaissions la valeur, tant pour la préservation du système commercial multilatéral que pour la mise en avant du contexte mondial de sécurité alimentaire et la nécessité de faire progresser les négociations agricoles ». En dehors de l’UE, plusieurs autres membres ont fait part de leur déception face au manque de progrès réalisés sur les questions clés et ont appelé à de nouvelles approches pour les négociations à venir. « L’agriculture est le secteur qui a le moins progressé au cours des trente années d’existence de l’OMC. Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer », a ainsi déclaré le 29 mars, le ministre des Affaires étrangères brésilien, Mauro Vieira.

Les pourparlers sur les questions de fond devraient, à présent, reprendre à Genève.