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OMC : tensions entre délégations pour désigner le directeur général intérimaire

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C’est une Organisation mondiale du commerce (OMC) en pleine crise que s’apprête à quitter, le 31 août, Roberto Azevêdo, actuel directeur général de l’institution genevoise. Après le refus des États-Unis de désigner de nouveaux juges au tribunal d’appel de l’organe de règlement des différends (ORD), la désignation du directeur général intérimaire cristallise maintenant les tensions entre les cent soixante-quatre membres, en particulier entre les États-Unis et la Chine. Simple décision dite de « routine » pour désigner un des quatre directeurs adjoints de l’OMC (un Américain, un Allemand, un Nigérian et un Chinois) afin d’expédier les affaires courantes pendant quelques mois, elle a été, finalement, le théâtre d’énièmes bisbilles diplomatiques. Le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell a admis que « la question de la nationalité » était un des facteurs soulevés, tout comme l’« expérience ». Avant de déclarer que « le commerce est un sujet hautement politique ».

En attendant qu’un consensus voie le jour, les huit candidats en lice (la Nigérianne Ngozi Okonjo-Iweala, l’Égyptien Abdel-Hamid Mamdouh, le Mexicain Jesús Seade Kuri, la ministre coréenne Yoo Myung-hee, la Kenyane Amina Mohamed, le Moldave Tudor Ulianovschi, ou encore le Saoudien Mohammad Maziad Al-Tuwaijri et le Britannique Liam Fox) pour le poste de directeur général, après leur grand oral de mi-juillet, seront éliminés au fur et à mesure à compter du 8 septembre, selon un mécanisme consensuel qui peut durer environ deux mois. Toutefois, au regard des tensions existantes parmi les différentes délégations, il se pourrait que le processus de désignation du successeur du diplomate brésilien prenne plus de temps que prévu.

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Plusieurs chantiers attendent déjà sur la table du futur chef de l’OMC : préparer la conférence ministérielle de 2021, relancer les négociations commerciales qui piétinent et résoudre les conflits opposant l’institution et les États-Unis. Laissant derrière lui une institution très affaiblie, Roberto Azevêdo rejoindra début septembre la vice-présidence et la direction des affaires générales du géant américain des boissons PepsiCo.