Les organisations et coopératives agricoles du Copa-Cogeca se félicitent de l’accord trouvé sur le règlement omnibus notamment du fait que les « règles en matière d’assurance soient améliorées afin de mieux compenser les pertes des agriculteurs ». Elles saluent également l’autorisation accordée aux « organisations d’agriculteurs reconnues à planifier la production et à négocier des contrats de livraison au nom de leurs membres tout en étant conformes aux règles européennes en matière de concurrence ».
Le Conseil européen des Jeunes agriculteurs (CEJA) apprécie pour sa part la possibilité de bénéficier de l’aide aux jeunes agriculteurs pour cinq ans (au lieu de trois), quelle que soit la date à laquelle ils en font la demande, et de la possibilité de faire passer ce complément de 25 % à 50 % des paiements de base. Par contre, le CEJA regrette les flexibilités introduites dans la définition de l’agriculteur actif, estimant qu’une définition « claire de l’agriculteur actif dans tous les États membres est impérative pour l’avenir de la Pac ».
Les associations de grandes cultures AGPB (producteurs de blé), AGPM (maïs), CGB (betterave), Fop (oléoprotéagineux) ont salué « les avancées notoires sur le volet de la gestion des risques » de cet accord qui offrent « de nouvelles perspectives aux producteurs de grandes cultures ». Et de citer la possibilité offerte aux États membres d’abaisser le seuil de déclenchement pour les assurances climatiques à 20 % de pertes, avec un accompagnement public maximal porté à 70 %. Également celle de mettre en place des fonds de stabilisation des revenus sectoriels s’appuyant sur un seuil de déclenchement à 20 % de pertes. L’accès à ces outils doit s’effectuer « en affectant les fonds récemment transférés du 1er vers le 2nd pilier (de la Pac, ndlr) au financement de mesures de gestion des risques, et notamment pour une assurance climatique plus attractive dès les souscriptions 2018 », plaident l’AGPB, l’AGPM, la CGB et la Fop.
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La Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR) ont affiché leur inquiétude face aux incidences budgétaires de la modification prévue du système assurantiel. « La baisse du seuil de déclenchement des assurances à 20 % de pertes et une couverture des coûts à 70 % engendreront un budget tel qu’il viendra vider le second pilier de la Pac au détriment de la transition agricole », a alerté la Conf’ dans un communiqué du 18 octobre. Par ailleurs, elle estime que « les améliorations sur l’organisation des marchés et le droit de la concurrence sont bien en-deçà des attentes ». Pour autant, la Conf’ se réjouit de la possible reconnaissance par les États membres des surfaces pastorales dans les déclarations d’aides Pac de telle sorte que la Commission ne remettra plus « perpétuellement en cause la reconnaissance de ces surfaces par la France ».
La coordination européenne Via Campesina considère cet accord sur le règlement omnibus comme une « capitulation du secteur public face au secteur financier pour la gestion des crises ». L’UE va poursuivre son chemin vers des assurances-revenus afin de faire face aux crises du marché et à la volatilité des prix agricoles ce qui va engendrer « la diminution des aides allouées au développement rural » et permettre « aux banques et aux sociétés d’assurance d’avoir la mainmise sur une partie du budget de la Pac ». Via Campesina reconnaît néanmoins « certaines timides améliorations en matière de concurrence et de reconnaissance des surfaces pastorales ».