Faire travailler les internautes, c'est ce qu'a imaginé Séphane Gigandet, blogueur culinaire et créateur d'Open Food Facts. Cette plateforme collaborative recense 55 000 produits alimentaires, dont 38 000 en France, associés à toutes les informations qui figurent sur leur packaging. « Depuis près d'un an, nous appliquons le score proposé par le professeur Hercberg aux produits présents dans la base », explique Stéphane Gigandet. En quelques clics, Open Food Facts peut ainsi afficher une cartographie d'une gamme de produits précise afin de choisir la meilleure alternative nutritionnelle. Porté par une association loi 1901, Open Food Facts n'a aucune activité commerciale. Ce qui n'empêche pas ses données, répertoriées par environ 2 000 personnes plus ou moins actives, d'alimenter une quinzaine d'applications. « C'est le principe de l'open data, explique Stéphane Gigandet. N'importe qui peut utiliser nos données. » Lui-même a créé plusieurs applications pour exploiter les données d'Open Food Facts (Combien de sucres ? Informations nutritionnelles ou encore C'est fabriqué près de chez vous) mais la base alimente aussi des applications créées par d'autres personnes, comme Verydiab (diabète), ConsoReglo, Date Limite, Moins de Sel, No Palm, Mes Infos Nutritionnelles. Parmi ceux qui exploitent les données collectées par Open Food Facts, on trouve même Terrallion, qui utilise les données de la base pour sa balance connectée (Nutritab).
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Open Food Facts, qui commence à essaimer à l'international, développe actuellement des fonctionnalités destinées à suivre dans le temps l'évolution de la recette d'un produit. Certaines marques référencées participent déjà à la mise à jour de la plateforme. D'autres ajoutent leurs données d'elles-mêmes « mais surtout pour des produits bio et équitables », relève Stéphane Gigandet. « Nous avons eu des échanges avec des grandes marques, mais la récupération de leurs données n'est pas facile. Pas forcément parce qu'elles ne veulent pas les donner, mais parce que les différentes informations dont nous avons besoin sont éparpillées dans divers services. » Stéphane Gigandet pourrait voir les efforts réalisés par les distributeurs et leurs fournisseurs dans le cadre du règlement Inco servir sa cause. Les sites de e-commerce sont en effet soumis aux mêmes obligations que les packagings, ce qui implique l'affichage de fiches détaillées pour chaque produit proposé à la vente (Agra Alimentation du 30 octobre 2014).