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Nestlé Chocolat a présenté à la presse sa démarche en termes d’épuration des recettes et d’approvisionnement en cacao.
Il y a eu les mini (mini Kitkat, mini Smarties…) pour manger du chocolat sans culpabiliser. Maintenant, il y a aussi des recettes plus épurées où les ingrédients d’origine naturelle remplacent les ingrédients de synthèse. « On veut se rapprocher de produits faits à partir d’ingrédients que l’on a dans sa cuisine », souligne Pascale Adeline, expert technique Chocolat chez Nestlé. Exit les arômes et colorants artificiels, exit aussi le E476 ou encore la lécithine de soja, remplacée par de la lécithine de tournesol. Surcoût des recettes selon Alexander Maillot de la Treille, directeur général de Nestlé Chocolat, environ 2 %.
Pas d’interdiction, mais une forte incitation législative sur les colorants
« Avec ces changements, nous répondons aux attentes des consommateurs. Des couleurs plus naturelles pour les Smarties, c’est plus rassurant pour les mamans », explique-t-on chez Nestlé. En omettant de rappeler (malgré une question posée à ce sujet) que la législation européenne impose désormais de préciser sur le packaging que les colorants artificiels « peuvent avoir un effet nuisible sur l’activité et l’attention des enfants ».
Tout ce travail d’épuration des recettes fait partie d’un programme baptisé « Mieux cultiver le plaisir », lancé en France, mais qui inclut une initiative groupe avec le «plan cacao ».
Sécuriser les approvisionnements en cacao et son image
Ce Plan Cacao vise à améliorer les rendements des cacaoyers et la qualité du cacao. Il comprend également un volet social en partenariat avec des ONG locales. Un centre de R & D a été ouvert en Côte d’Ivoire, qui travaille sur la sélection de souches de cacaoyers. « Les cacaoyers sont vieillissants et nous distribuons des plants beaucoup plus productifs. Au lieu de 400 kg par hectare, les paysans peuvent espérer 2 tonnes. Ils appellent d’ailleurs les souches Nestlé la variété Mercédès, relève Sérigne Diop, directeur du Centre de recherche et développement en Côte d’Ivoire. Les coopératives distribuent les plants, à raison de 1 M par an sur 12 ans. Pour rappel, la Côte d’Ivoire compte environ 1 milliard de cacaoyers. En échange, les paysans ne sont pas obligés de fournir Nestlé mais ils doivent respecter certaines obligations en matière culturale. » Concernant le volet social, d’ici à 2015, tous les cacaos commercialisés en France seront certifiés par Utz.
Initialement lancé en Afrique, le plan cacao a été étendu à d’autres pays, dont certains en Amérique du Sud. Il permet à Nestlé de sécuriser ses approvisionnements, tant en quantité qu’en qualité, un enjeu important compte tenu de l’évolution du coût du cacao (multiplié par plus de 2 en trois ans). Présenter la démarche à la presse en France permet aussi à l’entreprise, qui affirme vouloir travailler seulement en direct avec des coopératives et ne plus recourir aux services de négociants à terme, de promouvoir une image d’entreprise responsable. Une façon de répondre au reportage sur le travail des enfants dans les plantations de cacaoyers en Côte d’Ivoire diffusé par Envoyé Spécial au printemps dernier ?
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