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Denrées alimentaires Optimisme mesuré de la FAO

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Avec la prévision cette année d’une deuxième bonne récolte céréalière et la reconstitution des stocks, les disponibilités mondiales apparaissent moins vulnérables aux chocs qu’elles ne l’étaient durant la crise alimentaire de l’an dernier, indique la FAO dans son dernier rapport publié le 4 juin. Il subsiste des dangers potentiels, ajoute-t-elle toutefois.

Jusqu’à présent, l’amélioration était surtout le fait du secteur céréalier, après que la production record de 2008 ait dépassé les prévisions, constate le rapport de la FAO. Cette récolte exceptionnelle a également facilité la reconstitution des réserves mondiales qui ont atteint leurs niveaux d’avant la crise.

Au démarrage de la nouvelle campagne de commercialisation 2009/10, les perspectives demeurent positives. La production mondiale est estimée à 2,219 milliards de tonnes, contre 2,287 milliards de tonnes en 2008/09.

Les premières prévisions de la FAO concernant les utilisations de céréales en 2009/10 suggèrent une croissance relativement faible d’environ 1,3 %, soit un volume de 2,230 milliards de tonnes par rapport au niveau estimé de 2008/09. Durant la campagne précédente, le taux de croissance avait atteint près de 4 %.

Les oléagineux, secteur encore problématique

Selon les premières estimations, le commerce céréalier mondial s’établirait en 2009/10 à 257 millions de tonnes, en recul de près de 4 % par rapport à la campagne précédente. Cette contraction serait essentiellement le fait des importations de blé, qui pourraient chuter de 10 millions de tonnes, traduisant une forte reprise de la production dans plusieurs grands pays importateurs. Le secteur des oléagineux s’avère plus problématique, note en revanche la FAO, avec une hausse des cours sur les marchés mondiaux due au tassement de la production dans certains grands pays producteurs et à l’accroissement de la consommation d’aliments pour animaux en Chine et en Inde.

La production d’oléagineux de 2008/09 est estimée à 405,9 millions de tonnes, soit 0,7 % de plus que les 403,1 millions de tonnes estimés pour la campagne précédente.

Pour le sucre, la FAO prévoit une augmentation de la consommation mondiale à un rythme néanmoins inférieur à celui des deux dernières années, sous l’effet de la demande soutenue des pays en développement. La consommation devrait être supérieure à la production de 2008/09 de 158,5 millions de tonnes, pour la première fois depuis 2005/06, entraînant une diminution des stocks de report.

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L’impact de la récession

Si la chute des prix alimentaires est censée réduire la facture des pays importateurs de 226 milliards de dollars en 2009 par rapport à 2008, « la détérioration de l’économie mondiale risquerait d’annuler une bonne partie de cet effet positif », met en garde par ailleurs la FAO.

L’érosion du pouvoir d’achat, imputable à la fois à la baisse des revenus et des taux de change réels pendant quasiment les douze derniers mois, pèse sur l’accès à la nourriture, même aux bas prix atteints sur les marchés internationaux.

Le rapport indique que les préoccupations précédemment liées à la flambée des prix alimentaires portent désormais sur l’impact potentiel de la récession sur la demande de nourriture, et en particulier des produits à forte valeur ajoutée.

De plus, les liens de plus en plus forts qui se tissent entre le secteur agricole et les marchés de l’énergie, des finances et des devises ont rendu les prix alimentaires toujours plus vulnérables aux chocs externes.

Pression à la hausse

Concrètement, la poursuite du repli du dollar américain et la vive remontée des prix de l’énergie constatée ces dernières semaines pourraient exercer une nouvelle pression à la hausse sur les cours internationaux, avertit la FAO.

Toutefois, ajoute-t-elle, « à moins d’échecs importants de récoltes, l’économie alimentaire apparaît moins vulnérable à l’évolution de la conjoncture qu’elle ne l’était l’an dernier, compte tenu des niveaux plus confortables des stocks vivriers mondiaux par rapport à 2008 ».