Alors que la Chine ralentit ses importations de porc, les nuages s’accumulent sur les marchés européens. Après six semaines de stabilité, le Marché du porc breton (MPB) a cédé une baisse « minime » de 0,2 centime, à 1,343 €/kg le 2 août. La cotation de référence avait déjà dévissé en juillet, et « un nouveau reflux des prix semble possible dans les prochaines semaines », prévient FranceAgriMer. « Ailleurs en Europe, la chute du prix allemand ne semble pas avoir de fin avec 5 centimes de moins » le 1er septembre, constate le MPB. Autre motif d’inquiétude : le recul des exportations espagnoles vers la Chine. « La viande espagnole déferle sur le marché européen à des tarifs très compétitifs », alertait le MPB le 30 août. Et l’export vers Chine « ne semble pas s’améliorer », préviennent les analystes du marché de Plérin (1).
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En France, l’effet de ciseaux joue à plein, entre prix morose et flambée des céréales et oléoprotéagineux – et donc de l’alimentation animale. « Aujourd’hui, la perte pour les éleveurs avoisine les 20 € par porc sorti », s’émeuvent les FRSEA de Bretagne et des Pays de la Loire dans un communiqué le 30 août. Les éleveurs appellent la filière à « privilégier le Porc français au maximum » et à utiliser les indicateurs de coût de production d’Inaporc. « Aucun opérateur n’utilise l’indicateur de coût de production interprofessionnel, à part certains distributeurs auprès d’un nombre limité d’éleveurs », précise Carole Joliff, présidente de la FDSEA des Côtes-d’Armor, au quotidien Les Marchés (groupe Réussir-Agra). « Il y a zéro ruissellement avec Egalim 1, déplore celle qui est aussi secrétaire générale de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA). On attend beaucoup » de la proposition de loi Egalim 2.