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Orama « en résistance » contre Ecophyto

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Orama a menacé le 19 janvier de « rentrer en résistance » contre Ecophyto. Au vu de son estimation du revenu 2015 à -4 000 euros en grandes cultures, l’organisation a aussi réclamé une limitation du paiement redistributif dans la nouvelle Pac.

« On rentrera en résistance », a mis en garde le président Philippe Pinta si le gouvernement n’accepte pas de « repartir d’une feuille blanche » concernant le plan de réduction des phytos. À l’approche du congrès commun de l’AGPB (producteurs de blé), l’AGPM (maïs) et la Fop (oléoprotéagineux) les 27 et 28 janvier à Reims, l’organisation a réclamé « des objectifs atteignables, sans nuire au revenu » des producteurs de grains. « L’élaboration du plan Ecophyto 2 est symbolique et préoccupante », d’après un communiqué d’Orama appelant à « reprendre les choses à la base, privilégier la confiance sur la suspicion, le pragmatisme sur le dogme ». Et d’annoncer : « Les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux ne se soumettront pas à un plan Ecophyto 2 qui leur enlèverait l’espoir de réussir ».

Les Certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) sont particulièrement dans le collimateur. « On ne veut pas d’un dispositif conçu pour être uniquement pénalisant », a martelé le directeur général de l’AGPB Pierre-Olivier Drège, souhaitant que « les cartes soient rebattues ». Les producteurs espèrent voir aboutir la requête auprès du Conseil d’Etat, formulée par Coop de France et la FNA (négoce), pour suspendre l’exécution de l’ordonnance relative aux CEPP. « Il y a matière à discuter sur leur mise en place », a estimé la directrice de l’AGPM Céline Duroc, notant que les textes d’application ne sont pas encore sortis malgré une expérimentation prévue en juillet. « 50 % de réduction des phytos en dix ans, c’est irréaliste », a-t-elle considéré.

De faibles revenus sur trois ans

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Si la pause des normes annoncée par Manuel Valls lors la mobilisation du 3 septembre a pu laisser les cultivateurs imaginer une remise en cause d’Ecophyto, l’heure est à la désillusion. D’autant plus que leur situation économique est dégradée. « Le climat est très tendu dans les campagnes, a souligné Philippe Pinta. Les préoccupations financières sont très fortes. Pour éviter que cela n’explose, il faut que le gouvernement nous lâche la grappe. » Le revenu 2015 des exploitations de grandes cultures serait descendu à -4 000 euros (après cotisations MSA), selon ses estimations, après +4 000 euros en 2014, +7 000 euros en 2013. D’où une autre revendication : limiter le paiement redistributif sur les 52 premiers hectares à 5 % de l’enveloppe des paiements directs de la Pac et non 10 % comme prévu en 2016. « Vu les revenus depuis trois ans, il y a un risque de difficultés insurmontables pour un très grand nombre d’exploitations de céréales et d’oléoprotéagineux », a jugé Philippe Pinta.

La Fop a par ailleurs demandé un « déplafonnement » au sein du plan protéines de l’aide couplée dont bénéficient les filières végétales. « Stéphane Le Foll a promis une fongibilité des enveloppes », a rappelé le président Gérard Tubéry, indiquant que celle réservée aux éleveurs aurait été « peu utilisée ».