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Grandes cultures Orama veut que Bruxelles maintienne un filet de sécurité

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En conférence de presse à Paris, Philippe Pinta a rappelé sa position vis-à-vis de la réforme de la Pac : maintenir des filets de sécurité pour le cas, probable, où les prix baisseraient. Une position que l’organisation compte défendre à Bruxelles, quelles que soient les résistances.

La réforme de la Pac sera au centre de l’assemblée générale d’Orama, association de la FNSEA spécialisée dans les grandes cultures. A l’occasion d’une conférence de presse le 3 juin à Paris, Philippe Pinta, président d’Orama, a rappelé la position de son syndicat : préserver des filets de sécurité. « Une théorie fortement répandue circule, disant que les prix resteront durablement élevés,a-t-il indiqué. Mais nous combattons cette idée ». Bien sûr, les cours du blé et du maïs ont augmenté entre juin 2007 et 2008, passant respectivement de 155 euros/t et 164 euros/t à 178 euros/t et 180 euros/t. Mais ils sont aujourd’hui loin des sommets atteints en septembre, proches des 300 euros/t.

Flexibilité sur un éventuel prélèvement de 10 %

Selon Philippe Pinta, les céréaliers doivent maintenant faire face à une hausse de leurs charges d’environ 20 euros/t, du fait de l’augmentation du prix des engrais. « Nous sommes dans la même situation qu’il y a un an en ce qui concerne le prix de revient ramené à la tonne de céréale », a-t-il précisé, ajoutant qu’il craignait que les cours ne redescendent à des niveaux bas voire très bas. La refonte que propose la Commission (système d’intervention par adjudication) ne satisfait pas le responsable syndical. Il ne souhaite pas non plus une augmentation de la modulation. Quant au prélèvement de 10 % sur les aides directes au titre de l’article 69, Philippe Pinta se montre plus que mitigé. Il veut bien accepter un prélèvement fixe de 5 % qui viendrait soutenir des filières fragiles comme la filière ovine, par exemple. Mais il souhaite une flexibilité sur les 5 % restant, à l’image des mécanismes mis en œuvre aux Etats-Unis.

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Des revendications peu audibles à Bruxelles

« Si les prix descendent, les comptes d’exploitation seront mis en difficulté par des prélèvements sur les aides trop importants », a fait remarquer le président d’Orama. Philippe Pinta est par ailleurs favorable au développement d’une assurance récolte avec une franchise de 30 %, épaulée par une vraie caisse pour aléas.

La Commission comme les Etats membres ne semblent pour l’instant pas sensibles aux revendications de la profession. Mais Orama compte insister. En l’absence de filet de sécurité, « une baisse des prix mettrait un grand nombre d’agriculteurs au tapis,a précisé Christophe Terrain, vice-président d’Orama. Nous ne voulons pas gérer tous les trois ou quatre ans un plan social dans le secteur agricole ».