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BOISSONS SANS ALCOOL/STRATÉGIE Orangina-Schweppes a intégré ses usines

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Nouvelles têtes, nouvelle organisation et nouveaux locaux. Thierry Gaillard, directeur général d'Orangina Suntory France, fait évoluer les pratiques au sein du groupe, qui a renoué avec la croissance en volume en 2015.

Depuis son arrivée à la direction générale d'Orangina Suntory France, il y a un an et demi, Thierry Gaillard s'est attelé à une importante réorganisation de l'entreprise. Au siège, elle se traduit par la configuration des nouveaux locaux, conçus pour faciliter les échanges au sein de chaque équipe, et entre elles. Au niveau industriel, c'est une organisation unique qui a été mise en place. Après le rachat d'Européenne d'embouteillage en 2011 (Orangina Schweppes avait alors repris les 50 % détenus par San Benedetto), les deux sociétés étaient restées indépendantes l'une de l'autre. « Quand je suis arrivé, il y avait encore un rapport de client-fournisseur. Nous avons désormais une organisation unique, pour plus d'agilité et d'efficacité. Cela permet aussi de renforcer le sentiment d'appartenance et d'engagement des salariés dans les usines », explique Thierry Gaillard, qui a largement renouvelé l'équipe dirigeante du groupe. Comme pour le siège, où il a mis en place des techniques de management très participatif pour gérer le déménagement, il souhaite faire évoluer la gestion des ressources humaines dans les unités de production. « C'est une démarche plus difficile à mettre en place dans les usines, mais nous souhaitons rénover les sites dans le même esprit », explique Thierry Gaillard. Pas moins de 3 % du chiffre d'affaires sera alloué à la formation l'an prochain, notamment sur les implantations industrielles.

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UNE ANNÉE CONVENABLE MALGRÉ LA GUERRE DES PRIX

Orangina Schweppes France, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 741 millions d'euros en 2014, emploie plus de 1 300 personnes et a investi 2,8 millions d'euros dans le déménagement du siège (le niveau du loyer reste inchangé). Le groupe compte quatre usines, à La Courneuve, Donnery, Meyzieu et Châteauneuf de Gadagne. C'est le deuxième intervenant du marché des « soft drinks » en France après Coca-Cola et devant Pepsi, qui a réalisé une exceptionnelle performance cette année, notamment grâce au lancement de Pepsi Mojito. Orangina Schweppes se félicite pour sa part d'avoir fait mieux que le marché, grâce à la croissance de toutes ses marques phares. Une « belle année », selon les termes de Thierry Gaillard, malgré la prégnance de la guerre des prix. Même si les performances d'Orangina Schweppes n'ont pas été bonnes en 2014 (-1 % en volume en 2014), le segment des boissons aux fruits est plus porteur que celui des colas. Mais activer les bons leviers n'est pas simple quand les marges se contractent. « Aujourd'hui, le gisement de croissance se situe dans les magasins, et pourtant il y a de moins en moins de vendeurs. Depuis cinq ans, nous avons réduit notre budget média de 10 millions d'euros et diminué notre force de vente de 20 %, soit cinquante vendeurs de moins », explique-t-il. « La guerre des prix se déplace en permanence d'un produit à l'autre et ne dynamise pas les catégories, estime Thierry Gaillard. Mais elle a des effets sur les parts de marché des distributeurs ». Autant dire qu'il ne sera pas facile pour ces derniers d'y renoncer.