La filiale française du groupe familial japonais Suntory (Orangina, Schweppes, Oasis, etc.) va dépenser 100 millions pour moderniser ses usines, les rendre plus ergonomiques et poursuivre les baisses de taux de sucre de ses boissons. Après son lancement sur les boissons au thé en 2016, le groupe ne prévoit pas de nouvelles marques, ni d’acquisitions en France.
À l’occasion de la visite du plus important site de production d’Orangina Suntory France (OSF), à Donnery, près l’Orléans, son p.-d.g. Thierry Gaillard a donné les grandes lignes du développement de l’entreprise pour les trois prochaines années. Sur cette période, les années 2018 à 2020, la filiale française du groupe familial japonais Suntory (20 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les alcools et les soft drinks, dont 850 millions en France) va bénéficier d’investissements massifs pour un montant de 100 millions d’euros, financés par sa maison mère japonaise.
Des usines françaises plus efficaces et plus économes
D’abord dans l’outil industriel, constitué de quatre sites à Donnery (Loiret), Châteauneuf de Gadagne (Vaucluse), Meyzieu (Rhône) et La Courneuve (Seine Saint Denis) pour moderniser les usines (les usines avaient pâti d’un sous-investissement à l’époque de l’ancien propriétaire), gagner en ergonomie, en productivité et en volumes, en jouant notamment sur l’automatisation de la production. Rien que sur le site de Donnery, qui emploie 189 salariés, les 18 derniers mois ont été marqués par 30 millions d’euros de travaux, dont 8 millions d’euros dans une siroperie, 4 millions d’euros dans une ligne de canettes et plus de 2 millions d’euros dans une ligne de petites bouteilles. Ces investissements ont notamment permis des économies d’énergie, d’eau de rinçage, et la création d’une ligne d’embouteillage aseptique (permettant de limiter le recours aux conservateurs).
OSF va aussi consacrer ses investissements au développement des produits et à leur promotion. La tendance pour les produits moins sucrés va être poursuivie et va mobiliser une partie des dépenses. « Depuis 2006, nous avons réduit la teneur en sucre ajouté dans nos boissons de 18 % en moyenne, et bien plus sur certaines marques comme Schweppes Fruits où le sucre ajouté a été réduit de 42 % » explique Héloïse Tarraud, directrice du développement durable d’OSF. Pour cela, la R & D interne utilise plusieurs leviers : des baisses de sucre graduelles, afin d’habituer le consommateur progressivement, avec ou sans ajout d’édulcorant pour compenser. Les boissons aux fruits permettent de jouer sur les types de fruits (plus ou moins acides), mais certaines recettes sont difficiles à modifier comme Orangina où le sucre n’a pu être baissé que de 4 %, contre 14 % pour Oasis.
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Introduire sur le marché un nouveau goût peu sucré
Afin de baisser le taux moyen de sucre de l’ensemble de son catalogue, OSF a aussi choisi de lancer un nouveau produit peu sucré par nature. C’est ce qu’elle a fait il y a un an avec May Tea, sur le créneau des boissons au thé. « Nous sommes particulièrement satisfaits des résultats obtenus avec May Tea, une recette 40 % moins sucrée que la référence de la catégorie », explique Thierry Gaillard. La petite dernière d’OSF a déjà réalisé 10 millions d’euros de ventes en huit mois (2016), et va atteindre les 20 millions d’euros en 2017. Avec cette création, OSF s’installe sur un créneau en très forte progression et veut s’imposer grâce à son très faible taux de sucre, son côté naturel, s’agissant de thé infusé, et un petit nombre d’ingrédients. Pour ce lancement, OSF confie à un prestataire en Allemagne l’infusion de thé réduite en concentré, tandis que les étapes de production suivantes sont réalisées sur ses sites français.
Pour les prochaines années, OSF ne prévoit pas s’acquérir de nouveaux sites ou de nouvelles marques, ni de mettre l’accent sur les marques dormantes du portefeuille telles que Gini, Canada Dry ou encore Ricqlès. « En production, nous ajouterons peut-être une ligne après 2018, qui viendrait s’ajouter aux 12 lignes actuellement en activité », explique Thierry Gaillard. Les efforts vont porter surtout sur la nouvelle marque May Tea, qui va être soutenue avec 10 millions d’euros d’investissements publicitaires par an en 2017 et en 2018, sur la mise au point de recettes nouvelles à partir des marques existantes, la baisse du taux de sucre des boissons avec comme objectif de réduire de 20 % la teneur en sucre des boissons avec sucre ajouté d’ici 2020.