Une fois de plus les producteurs de fruits et légumes se trouvent en butte à une crise qu’on n’ose plus appeler conjoncturelle tant elle se reproduit quasiment chaque année. Une fois de plus, on s’aperçoit qu’on n’a pas su mettre en place les conditions de production et de commercialisation qui permettraient d’éviter que ce secteur se trouve tenir la vedette les mois d’été.
Bien sûr, une grande part de l’explication réside dans la demande sans cesse amplifiée des grandes surfaces pour des produits moins chers souvent issus d’importations.
Mais ce serait s’aveugler que de s’arrêter là. La production française devrait se poser pas mal de questions : est-elle suffisamment regroupée ? Les exploitations sont elles suffisamment modernisées ? Sont-elles assez agrandies pour pouvoir bénéficier d’indéniables économies d’échelle ? A-t-on suffisamment de discipline de marché, tant en ce qui concerne les dates de commercialisation, les concurrences à la baisse des prix, les qualités ? Il ne faut pas faire croire que les Espagnols sont les seuls provocateurs de baisse des prix. Tout professionnel, hors tribune, est prêt à le reconnaître : l’opportunisme, pour écouler quelques stocks pas chers est aussi bien souvent au rendez-vous  sur l’Hexagone. Moyennant quoi, c’est tout le marché qui se trouve orienté à la baisse.
Et puis, la question du prix est une vraie question. Quand la France compte plus de 4 millions de chômeurs, quand le gouvernement se voit contraint de mettre en œuvre un plan d’austérité, quand tous les objectifs de santé publique militent pour un accroissement de la consommation de fruits et légumes, il devient impératif à la filière de pouvoir présenter des prix compétitifs. Mais il faut qu’elle s’organise pour cela et ne pas seulement trouver deux responsables : la grande surface et le producteur étranger.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

fruits et légumes
Suivi
Suivre