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Edito Organisation

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Début 2008, les experts du marché du porc prédisaient un cours à 2 euros le kilo fin décembre. On est aujourd’hui, péniblement, tout juste au-dessus de 1 euro. La crise financière est passée par là, explique-t-on. C’est vrai, mais cela n’explique certainement pas la permanence de la crise alors que les facteurs de long terme (demande internationale émanant surtout de la Chine) devraient pousser les cours à la hausse.

Le marché du porc est, en fait, en pleine anarchie. Les productions nationales interfèrent les unes avec les autres ; les contraintes fiscales, sociales, écologiques, loin de se mondialiser comme le marché, ont tendance à créer de nouvelles distorsions ; les facteurs politique et monétaire créent des inégalités d’accès sur les grands marchés consommateurs. Du coup, il n’y a plus vraiment de cycle du porc auquel, naguère, on pouvait faire confiance. C’est à se demander si, dans ce domaine précis, on n’aurait pas plus à gagner avec un accord à l’OMC qu’avec le maintien de la situation actuelle.

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Le bilan est, qu’en France, malgré un atout formidable qu’est notre avance technique (meilleure fertilité des truies, par exemple) on reste à la traîne. Ce qui est gagné en amont est perdu en aval (transport, charges, tailles des opérateurs encore insuffisantes, etc.). D’où l’urgence, pour les Français, d’un vaste effort d’organisation pour que les maillons de la filière se considèrent vraiment comme des partenaires ; et pour que les pouvoirs publics apportent des conditions d’activité plus en phase avec celles de nos principaux concurrents.

Au fond, plus un marché se libéralise sur le plan mondial, plus il doit s’organiser sur le plan national.