L’histoire des négociations commerciales mondiales a ses constantes : de même que l’agriculture a été la cause de l’échec du Doha Round négocié dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, cette agriculture pourrait être la cause d’un échec des négociations bilatérales de libre-échange les plus importantes jamais discutées : les pourparlers Europe/États Unis.
C’est dire à quel point l’agriculture compte dans les négociations, même si la part des marchés agricoles qui font l’objet d’échanges mondiaux est finalement très faible au regard de la production mondiale. Mais l’agriculture entraîne tant de conséquences, politiques alimentaires, de santé publique, de modèle de société, etc. qu’elle est comme l’épiderme de nos sociétés modernes.
Première conclusion : ceux qui ont voulu en faire une variable d’ajustement pour libéraliser tous les échanges en sont pour leurs frais.
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Deuxième conclusion : peut-être faudrait-il retirer la dimension agricole de ces grandes négociations. Non pour figer les barrières douanières actuelles mais pour négocier les questions agricoles en tant que telles, à part, sans les mélanger à d’autres dimensions. Un échec agricole n’entraverait plus la libéralisation du commerce des produits industriels tandis que cette dimension industrielle n‘obligerait pas à faire des sacrifices dans la sphère agricole.
Ceci impliquerait la création d’une sorte d’organisation mondiale de l’agriculture, qui fut, un temps, envisagée par certains. Une organisation qui régulerait les distorsions de concurrence (Tiens ! Même entre pays européens comme la France et l’Allemagne) et envisagerait les rapports agricoles entre les nations. L’agriculture est tellement spécifique qu’elle mérite peut-être une organisation de libre-échange elle-même spécifique.