Une plateforme R & D pour l’innovation dans les orges de brasserie est en gestation, ont indiqué le 26 avril les producteurs, malteurs et brasseurs au 20e colloque d’Arvalis consacré à la filière. Parmi les priorités définies, obtenir une qualité stable.
L’objectif derrière le projet de plateforme R & D est de « mieux coordonner les programmes de recherche pour trouver plus rapidement de nouveaux moyens d’améliorer la compétitivité, la durabilité de la filière en misant sur la qualité », a déclaré Didier Lenoir, président de la commission orges de l’AGPB (producteurs de blé), lors du 20e colloque d’Arvalis consacré à la filière des orges brassicoles.
Il s’agit en priorité d’obtenir une qualité stable, selon Jean-Philippe Jelu, président de Malteurs de France. Ces deux dernières années, la production d’orges a connu des taux de protéines élevés avec des aléas climatiques « de plus en plus difficiles à gérer ». La plateforme doit s’interroger sur « comment produit autrement » via l’obtention végétale, les apports d’intrants, a considéré le patron des malteurs.
Un projet bienvenu pour les producteurs, qui vivent une « période compliquée » sur les plans réglementaire et de politique agricole, a souligné Didier Lenoir. « Il y a urgence à disposer de variétés d’orge d’hiver résistantes à la jaunisse nanisante », selon le vice-président de l’AGPB, Rémi Haquin, faisant allusion au plan d’actions phytos du gouvernement et ses nouvelles contraintes dans la protection des cultures.
La création d’une plateforme R & D renforcera un peu plus la filière des orges brassicoles, déjà très structurée. En 1998, les fédérations des malteurs et des brasseurs ont mis en place le comité bière-malt-orge (CBMO), a rappelé son ex-président Jean-Louis Delatte. Ce comité associe les sélectionneurs et l’IFBM (Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie) pour mesurer les qualités notamment brassicoles, organoleptiques, sanitaires des orges. Il élabore ensuite une liste des variétés préférées par l’industrie. D’où l’idée aujourd’hui de monter un « CBMO de la recherche agronomique », selon l’expression de Jacques Mathieu, directeur délégué d’Arvalis.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Qualification des protéines d’intérêt
Certaines réponses dans « la course à la compétitivité » existent du côté de la recherche, avec par exemple « des travaux qui se poursuivent pour améliorer la tolérance des orges aux maladies et à la sécheresse », a souligné Didier Lenoir. Les malteurs attendent eux beaucoup du projet de qualification des protéines d’intérêt pour la qualité brassicoles des orges. Baptisé Prosit, ce programme est candidat au dernier appel à propositions du FSOV (Fonds de soutien à l’obtention végétale). Il vise à « déterminer la nature des protéines des orges afin d’identifier celles qui sont d’intérêt pour la qualité brassicole et d’étudier l’impact de la variété et son interaction avec la fertilisation azotée sur leur composition ».
Dans une ambiance plombée par les difficultés économiques des céréaliers, les brasseurs ont apportée une note positive lors du colloque. Le marché national de la bière se porte bien, avec une croissance de 2,1 % en 2017. « Faites de l’orge », a lancé le délégué général de Brasseurs de France Maxime Costilhes. « On a conscience qu’il peut y avoir des difficultés, trouvons le moyen de les régler ensemble. »
Une « urgence » à disposer de variétés résistantes à la jaunisse nanisante