La prime brassicole a « peu de chance d’augmenter » vu l’équilibre entre offre et demande, selon une analyse de marché dévoilée lors de la 18e Journée filière orges brassicoles le 14 avril. Autre sujet de préoccupation des congressistes, une tendance à l’érosion du taux de protéines.
« Le bilan confortable dans l’UE a de quoi mettre à mal la prime » aux orges de brasserie, a estimé Julien Darley de Granit Négoce (Axéréal). Un léger retrait de la production européenne est attendu, après une bonne récolte l’an dernier, ce qui laisserait un surplus de 1,741 Mt (contre 2,171 Mt en 2015-16).
L’origine France resterait en tête, malgré une baisse de son disponible à l’export : un « fort excédent en orge d’hiver » se dessine à +1 820 Mt (contre +1 900 t) quand l’orge de printemps serait « plus à l’équilibre » avec +894 000 t (contre +1 126 Mt). « Compte tenu du bon état des cultures, il y a de grandes chances que la récolte française d’orge de printemps dépasse les prévisions », a noté Julien Darley. L’Angleterre (560 Mt de surplus exportable) et la Scandinavie (1 100 Mt) viennent conforter le bilan européen.
« La situation mondiale est un peu plus tendue, à surveiller de près », a-t-il ajouté. D’après ses chiffres, un petit surplus de 360 000 t (contre -85 000 t) est prévu sur la planète, « à condition d’une bonne récolte en Australie ». Une mauvaise récolte australienne est intervenue l’an dernier et, à défaut d’une amélioration lors de la prochaine en novembre/décembre, « l’Asie devra se tourner davantage vers les autres origines », a considéré Julien Darley. Le marché de la bière « retrouve des couleurs », a pour sa part indiqué Jacqueline Lariven (Brasseurs de France). Il a progressé de 1 % dans le monde en 2014, à 2 031 millions d’hectolitres.
Cibler 10,5 % en taux de protéines
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Autre thème central de la 18e Journée filière orges brassicoles, la qualité de la production française. Les malteurs et les brasseurs ont pointé l’érosion du taux de protéines. « Si la situation n’est pas encore critique, elle invite à rester très vigilant », d’après Jean-Philippe Jelu (Malteries Soufflet). « Le risque à terme est la non-adéquation du malt avec les spécifications des brasseurs, a-t-il souligné. Avec pour conséquence une perte de parts de marché à l’international face à une concurrence accrue. » La réponse doit, selon lui, être « encadrée » avec comme objectif un taux « ni trop bas, ni trop haut ». « La cible idéale est une moyenne proche de 10,5 % de protéines. »
Des leviers agronomiques existent pour produire des orges brassicoles, selon les experts d’Arvalis. En culture d’hiver, notamment. Le constat général dans le croissant géographique des orges d’hiver brassicoles est l’arrivée d’une nouvelle génétique en 2012, permettant de déplafonner les rendements. « Avec des potentiels de rendements supérieurs et des apports d’azote stables (sous l’effet de la directive nitrates), la baisse des teneurs en protéines est automatique », a souligné Edouard Baranger. Et ce « malgré une efficience supérieure des nouvelles variétés par rapport à l’azote apportée ».
Arvalis propose un pilotage de l’azote sur orge d’hiver pour « ne pas louper les situations favorables ». La méthode consiste à réaliser un diagnostic au stade deux nœuds, à l’aide de l’outil électronique manuel N-tester, pour apporter une correction éventuelle de 40 unités/ha. Ce troisième apport permet un gain de 0,8 % de protéines.
Un « fort excédent » en orge d’hiver française