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Dossier grandes cultures : Production Orges : baisse des emblavements, rendements en baisse par endroits

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Les orges françaises ont globalement souffert des conditions climatiques sèches du printemps. Si les orges d’hiver ont pâti de la sécheresse, celles de printemps ont eu des conditions d’implantation particulièrement difficiles pour les mêmes raisons. Selon FranceAgriMer, le 9 août la production française, toutes orges confondues, serait de 8,9Mt en 2011, contre 10,2Mt en 2010. En France, les orges d’hiver dépasseraient les 6,5Mt contre 7,6Mt un an auparavant, pour un rendement national moyen autour de 60q/ha. Toujours selon FranceAgriMer, la récolte française d’orges de printemps diminue de 9% par rapport à 2010. La production dépasserait les 2,3Mt contre 2,6Mt en 2010, avec un rendement moyen qui se situe entre 40 et 50q/ha marqué par une forte hétérogénéité. Encore une fois, les types de sols et la pluviométrie ont fait la différence.

Les orges présentent cette année de fortes disparités entre les régions de production, les types de sol et les pluviométries locales. Les coopératives attendent, par endroit, des modifications sur les exigences des contrats en brasserie car les taux de protéines sont parfois au-dessus des normes en raison d’une valorisation tardive de l’azote, ayant concentré les protéines lors du remplissage des grains. Mais, selon un spécialiste, « de mauvaises récoltes d’orges brassicoles en Allemagne, en Tchéquie ou au Danemark devraient forcer les acheteurs à s’adapter aux disponibilités du marché ». La réduction de la production française est aussi liée au manque de rentabilité à l’hectare des cultures d’orges. Les normes brassicoles et les éventuelles réfactions de prix en fonction des qualités n’incitant pas les producteurs à se lancer dans ce type de production trop risquée. Un peu partout les surfaces se contractent au profit d’autres cultures.

Dans le nord les qualités sont bonnes et les rendements corrects
« En orge d’hiver, la récolte a été effectuée avant les pluies de fin juillet à 14% d’humidité ce qui est bon », souligne Maurice Caillot, responsable céréales chez Uneal dans le Pas de Calais. Selon lui, « le taux de protéines est à 10% avec un rendement moyen autour des 85q/ha dans une fourchette allant de 65 à 90q/ha pour une collecte d’Uneal à 150 000t contre 170 000t il y a un an en raison d’une baisse des surfaces ». Toujours d’après Maurice Caillot, en orge de printemps, les rendements tournent autour des 65 à 70q/ha, ce qui constitue un rendement moyen par rapport aux années précédentes. La qualité est correcte avec un taux de protéines à 10,6% et une humidité de 14,8%. « C’est une bonne moisson », commente Maurice Caillot. La collecte chez Uneal atteint les 38 000t contre 50 000t il y a un an. Une baisse des surfaces explique ce repli. En effet, Maurice Caillot signale que « les producteurs rencontrent des difficultés sur la rentabilité à l’hectare des cultures d’orges ». En Normandie, pour les orges d’hiver, Michael Tavernier, technicien en agronomie chez Cap Seine, explique que « c’est une année correcte avec des rendements moyen autour des 75q/ha, s’échelonnant de 50 à 100q/ha ». Selon lui, la collecte chez Cap Seine devrait atteindre les 400 000t d’orge d’hiver de bonne qualité, avec un poids spécifique de 68kg/hl et un taux de protéines de 10,5%.

Dans le Nord-Est, les rendements se maintiennent
« En orge d’hiver, les rendements sont supérieurs à 70q/ha, et sont à peu près égaux à l’année dernière », selon François Hallard, directeur commercial chez Champagne-Céréales. Il indique que les malteurs se montreraient intéressés par les qualités en raison d’un bon calibrage et de taux de protéines entre 10,5 et 11%. La collecte atteindrait les 250 000t. En orge de printemps, les rendements s’établissent chez Champagne-Céréales en baisse aux alentours des 50 à55q/ha, contre 70q/ha il y a un an. Une récolte tardive perturbée par la pluie entraîne des besoins en séchage. Des problèmes sur des taux de protéines trop élevés, à 12 ou 12,5%, sont rapportés. Cependant, les calibrages sont bons. « Les contrats en brasserie acceptent un maximum de 11,5% de protéines, mais cette année les clients devront faire preuve de souplesse », espère François Hallard. Chez Cohesis, un peu plus au nord, François Carpentier, responsable d’exploitation, indique « qu’en orge d’hiver, des emblavements en baisse amènent la collecte à 66 000t, contre 85 000t il y a un an ». Les rendements vont de 60 à 95q/ha pour une moyenne entre 75 et 80q/ha, équivalent à l’année dernière. La quasi-totalité de la collecte devrait être acceptée en brasserie. En orge de printemps, les rendements vont de 30 à 75q/ha avec une moyenne entre 45 et 50q/ha. La collecte atteindrait les 80 000t, une baisse de 5% par rapport aux 84 000t de 2010. La qualité est hétérogène avec 50% de la collecte à 11,5% de protéines, 25% de 11,6 à 13% et 25% au dessus de 13%. « Rien n’est déclassé pour le moment, mais les qualités sont stockées par lot afin de répondre à d’éventuels assouplissements des contrats en brasserie », souligne François Carpentier.

Des baisses de rendements de 10 à 15% dans le Centre et l’ouest
En Eure-et-Loir, les qualités d’orge d’hiver ont surpris car la coopérative Scael s’attendait à des taux de protéines trop élevés, ce qui n’a pas été le cas. Cependant, les rendements ont eu tendance à se replier par rapport à 2010. Ainsi en orge d’hiver le rendement moyen sur le périmètre de Scael atteindrait les 65q/ha, contre 74q/ha en 2010, et 60q/ha, contre 62q/ha en 2010, pour les orges de printemps. Chez Axereal, les orges d’hiver ont peu profité des pluies de juin, arrivées trop tardivement pour cette espèce. Les rendements sont en baisse de 10 à 15 % en moyenne par rapport à l’année dernière. Les écarts de rendements sont spectaculaires, allant pour les plus mauvais de 25q/ha en Touraine et sud du Loir-et-Cher, jusqu’à dépasser les 100q/ha dans certaines situations en Eure-et-Loir. La qualité est très satisfaisante, avec des PS supérieurs à 64 et des taux de protéines compris entre 10 et 11% pour les variétés brassicoles, ce qui est vrai également pour les orges de printemps. Ces dernières, cultivées principalement dans les zones irriguées, tirent leur épingle du jeu avec des rendements supérieurs à l’an dernier et en moyenne de l’ordre de 70-75q/ha. Enfin, dans l’Ouest, Jean-Luc Lespinas, responsable du service agronomique de la Cavac, explique que « les orges d’hiver voient leurs rendements moyens s’établir autour des 65q/ha, s’échelonnant de 40 à 80q/ha, en baisse de 10% par rapport à 2010, pour une collecte de 50 000t. Les qualités et les calibrages sont bons ».

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