Le marché des orges brassicoles s’oriente vers une hausse du surplus exportable préjudiciable aux cours, ont annoncé le 13 avril des opérateurs lors d’un colloque Arvalis à Paris.
« Dans un contexte céréalier globalement lourd, les prix brassicoles pourraient rester sous pression tout au long de la (prochaine) campagne », a estimé Romain Chiron, directeur des achats de Malteurop. L’Australie devrait occuper la scène internationale au moins jusqu’à la fin de l’année, d’après lui. Sa production record en 2016-17 (8,6 millions de tonnes) a compensé la mauvaise campagne de l’UE (11,6 Mt). « L’Europe peut revenir dans la course si la récolte 2017 se confirme », a-t-il ajouté, les prévisions étant de 14,1 Mt. « Mais un effort de baisse des prix est nécessaire », a nuancé Romain Chiron, pointant un écart de compétitivité avec l’origine Australie de 15 à 20 dollars la tonne vers le marché chinois.
Le bilan de l’UE apparaît néanmoins fragile pour 2017-2018, en dépit d’un surplus exportable (hors stock outil) de 3 176 kt d’orge brassicole contre 853 kt en 2016-17. « La fin de campagne s’annonce tendue en Europe », a prévenu Alexandre Marie, responsable de l’analyse des marchés chez Vivescia. « Et vu les prévisions météo, on peut s’attendre à un frémissement des prix lors des prochaines semaines. »
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Demande soutenue à long terme
À plus long terme, les deux experts se sont demandé quels producteurs seront en mesure d’alimenter une demande mondiale croissante en orge. De gros projets industriels émergent sur la planète, avec 1,8 Mt de capacités supplémentaires en malterie sur la période 2017-25. Les États-Unis et le Canada paraissent hors-jeu. Selon les derniers chiffres de l’USDA, les semis américains chuteraient de 17 % cette année au profit du maïs et du soja, jugés plus rentables. « Quand un farmer arrête une culture, il ne revient pas de sitôt », a souligné Alexandre Marie. L’Australie semble avoir atteint un plafond. Des incertitudes demeurent concernant l’Argentine, qui pourrait accompagner la hausse de la demande du Mercosur mais doit créer une filière pour s’affirmer à l’export, d’après Romain Chiron. L’UE reste en piste avec son potentiel de croissance à l’exportation sur les variétés 6 rangs d’hiver. C’est surtout le bassin de la mer Noire, avec l’Ukraine, qui « devrait jouer un rôle important à l’avenir » : le pays présente un gisement de production non exploité.