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Orges, colza, blé dur : les tendances

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L’orge d’hiver penche vers un excès de protéines

« Le pic de chaleur fin juin s’est traduit par un emballement des chantiers en orge d’hiver », relate le directeur Métiers du grain Stéphan Beau chez Terrena qui a connu un début de récolte plus tôt que la normale. « Ce n’est jamais bon signe, la précocité », d’après lui. Effectivement, le rendement atteint 52 q/ha, en diminution de 26 % comparé à 2019. Déception aussi côté PS, à 64,5 kg/hl. En bordure Atlantique, la Cavac fait pire : l’orge fourragère ressort à 42 q/ha (contre 65 q/ha de moyenne quinquennale), son PS est sous les 60 kg/hl.

Côté orge d’hiver brassicole, les faibles rendements riment parfois avec des protéines en excès. EMC2 enregistre moins de 55 q/ha, contre une moyenne historique de 65 q/ha. Le taux de protéines se situe généralement entre 11,5 et 12 %. « C’est plus que la limite de 11,5 % fixée par les brasseurs, mais des variétés, des secteurs sont au-dessus, d’autres pas, indique David Meder. Reste, pour la coopérative, à mener de l’allotement et des discussions avec les acheteurs. »

Vivescia ne rencontre pas ce problème, avec une qualité répondant au cahier des charges : autour de 90 % en calibrage, qui donne une estimation du rendement en brasserie ; un peu plus de 11 % en taux de protéines. La coopérative affiche 80 q/ha, en phase avec la moyenne sur cinq ans. Soufflet parle de rendements plutôt moyens en orge d’hiver et escourgeon. Le calibrage apparaît « très élevé », souvent supérieur à 90 %, le taux de protéines « satisfaisant ».

L’orge de printemps réserve de belles surprises

Si la récolte apparaît précoce chez Agora, entre Oise, nord du Val-d’Oise et Eure, elle traîne aussi en longueur avec des orges de printemps encore dans le champ fin juillet. 60 q/ha sont relevés, avec des pointes au-dessus de 90 q/ha pour certaines parcelles semées dès l’automne. La qualité est globalement jugée conforme aux attentes du marché. Soufflet indique « plutôt une bonne surprise » : « On entend souvent parler entre 60 et 80 quintaux », témoigne François Berson dans sa vidéo. La qualité donne satisfaction : un taux de protéines autour de 10,5 %, un calibrage de 82 à 83 % en moyenne.

L’orge de printemps est au diapason des autres récoltes céréalières chez SeineYonne, dont « la région est sinistrée », selon le responsable céréales Matthieu Berlin. 30 à 40 q/ha sont signalés contre 50 à 55 q/ha en moyenne quinquennale.

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Le colza enchaîne les mauvaises récoltes

« Une année catastrophique… de plus », se désole Dijon Céréales à propos du colza. Son rendement tombe à 22 q/ha, soit un tiers de moins que l’an dernier, la faute à de mauvaises conditions d’implantation, un coup de froid en mars et surtout la présence de grosses altises. Vivescia constate des écarts inédits, de 5 q/ha à 45 q/h pour un score global d’environ 30 q/ha, inférieur de 15 % à la moyenne sur cinq ans.

« Certaines parcelles ont connu une pression parasitaire du début à la fin, enchaînant altises, charançons, pucerons », retrace Jean-Olivier Lhuissier. Terrena, à 30 q/ha, remplit son objectif qui a toutefois été corrigé suite aux problèmes de semis. Le colza déçoit mais pas autant que les autres cultures. Soufflet relève 31 à 32 q/ha pour l’oléagineux, qui est le seul à dépasser les prévisions.

Le blé dur répond aux critères de qualité

Le numéro un de la collecte de grains française Axéréal communique des rendements en baisse pour la plupart des cultures, soit 18 à 20 % sous la prévision initiale qui avoisinait la moyenne pluriannuelle. Sans donner de détails, la coopérative, étendue de la Beauce à la Touraine et au Nivernais, signale pour le blé dur une performance « correcte ». La Cavac, entre Vendée, Deux-Sèvres et départements limitrophes, donne 50 q/ha contre 70 q/ha en moyenne historique.

Par rapport aux blés durs semés l’automne, ceux de janvier et février s’en sortent mieux, à 65 q/ha. La qualité est jugée très bonne : un taux de protéines supérieur à 14,5 %, un taux de mitadin inférieur à 10 %. Euralis affiche 49 à 50 q/ha, contre 55 q/ha en moyenne sur cinq ans, mais l’Est de Toulouse pousse aux environs de 55 q/ha. La qualité se situe « dans les clous » en l’absence de pluie à la récolte : un taux de mitadin de 11 à 12 %, un PS de 77 kg/hl, un taux de protéines de 13,5 à 14 %.

De forts taux de protéines en orges brassicoles nécessitent un allotement