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Orius stresse les plantes pour obtenir des molécules d’intérêt

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La technologie d'Orius permet de stresser les plantes pour obtenir certaines molécules. Crédits : © Orius

Orius met au point des équipements de production de végétaux en atmosphère contrôlée afin d’obtenir des molécules utiles à l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Une démarche qui exige une haute technicité pour piloter finement ces équipements innovants.

Et si les fabricants de cosmétiques et de produits pharmaceutiques produisaient eux-mêmes et sur leur propre site industriel les molécules d’intérêt dont ils ont besoin ? C’est la possibilité qu’offre la start-up toulousaine Orius à ces industriels en quête d’ingrédients à faible impact environnemental, à la production maîtrisée et contrôlée par eux-mêmes, et à l’abri des aléas climatiques ou logistiques. « Nous disposons déjà d’un site de recherche et développement de 1000 m2 près de Toulouse où nous mettons au point nos techniques de culture de végétaux en stressant ces plantes pour qu’elles produisent des molécules spécifiques en qualité et en quantité demandées », explique Paul-Hector Oliver, cofondateur d’Orius aux côtés de Pierre Jay et Jérôme Velociter, tous trois ingénieurs.

Les recherches menées au sein de la start-up ont permis de mettre au point des techniques spécifiques sur lesquelles Orius veut garder le secret. Paul-Hector Oliver insiste sur les paramètres de production qu’il faut arriver à maitriser pour réaliser ces cultures en atmosphère contrôlé, notamment la ventilation, la qualité de l’air, la température et la lumière. La consommation d’énergie est un autre enjeu, sachant que ce type de production peut se révéler gourmand en énergie en raison de la lumière artificielle et de la température régulée. Il y a 18 mois, Orius a rejoint l’appel à projet TechTheMoon afin de collaborer avec le Cnes pour mettre au point des dispositifs de production de végétaux au cours de voyages spatiaux et sur la Lune.

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Une première ferme au Texas pour Capsum

Les technologies mises au point par Orius sont assez mûres pour avoir pu déboucher sur la vente d’un premier équipement au fabricant de cosmétique Capsum, qui s’est doté d’un site de production installé au sein de son usine du Texas (États-Unis). « Ce site qui aura une surface à terme de 1000 m2 permet à l’usine de Capsum d’être totalement autosuffisante pour les trois molécules actives qui y sont produites », détaille Paul-Hector Oliver. Ce site vient d’être livré en avril 2023.

Le chiffre d’affaires d’Orius, créé fin 2021, s’est élevé à 600 K€ en 2022 et devrait atteindre 1 million d’euros en 2023, d’après Paul-Hector Oliver, venant des prestations de services réalisées pour des industriels et de la vente d’équipements de production clé en main. La société a réalisé une augmentation de capital en octobre 2022, pour un montant non dévoilé, qui a permis de faire entrer un industriel de la cosmétique au capital. L’objectif est de développer encore la R&D et la production. Des recrutements sont en cours afin d’atteindre une dizaine de collaborateurs en plus des trois fondateurs.