Les organisateurs d’IPA 2008, le salon de l’équipement agroalimentaire qui aura lieu du 17 au 20 novembre à Paris-Nord Villepinte, ont fait appel au Délégué interministériel aux IAA et aux équipes d’Oséo pour faire le point sur les soutiens à l’innovation que drainent les industriels et leurs fournisseurs de process. Une bonne occasion pour évoquer la convention qui vient d’être renouvelée entre le ministère de l’Agriculture et l’établissement financier. Et qui abonde d’un peu plus d’1 M EUR les 30 millions qu’ont pu décrocher l’an dernier près de 500 entreprises auprès d’Oséo (ex-Anvar).
En 2007, Oséo a poursuivi à bon rythme son soutien à l’innovation des entreprises en particulier du secteur agroalimentaire. La montée en puissance de l’organisme et de ses moyens financiers qui avaient déjà fait un bond de 21 % en 2006 n’a pas été sans effet. Entre 2006 et 2007, le nombre de dossiers aidés est passé de 350 à 466 et les moyens dégagés sont passés au total de 26,6 millions d’euros à 31,8 M, soit une progression de 19 % faisant suite à une augmentation de 38 % enregistrée en 2006. Dans ce total, la part de l’amont agricole a, il est vrai, augmenté, passant de 25 à 33 % environ, mais le plus souvent pour assurer une meilleure adaptation des matières premières aux besoins de l’industrie alimentaire qui a reçu, avec les équipementiers du secteur, environ 21 M EUR.
Bretagne et Nord en tête
Comme les années passées, les projets sont venus principalement de deux régions, la Bretagne et le Nord Pas-de-Calais, qui ont respectivement obtenu 4,3 M et 3 M EUR d’aides.
Oséo a aussi privilégié les projets labellisés par des pôles de compétitivité, qui ont bénéficié d’un tiers des aides au secteur. Ces projets agroalimentaires pèsent lourd dans l’ensemble des projets des pôles qu’Oséo a sélectionnés (14 % du total).
En valeur comme en nombre de projets, ceux qui relèvent des produits intermédiaires (PAI) ont encore été les plus présents. Ils portent sur le développement de nouveaux ingrédients, en majorité d’origine végétale, souvent avec des bénéfices pour la santé. D’autres visent à valoriser en PAI des co-produits de la transformation alimentaire. En outre Oséo a soutenu des projets de nouveaux arômes ou auxiliaires technologiques à destination des IAA (viandes, ovoproduits, céréales). Les PAI sont particulièrement innovants avec 13 projets de rupture technologique ou de niveau équivalent avec l’état de l’art au niveau européen. Parmi les sources d’innovation, la nutrition est demeurée en tête d’autant que le règlement européen sur les allégations est entré en vigueur en juillet 2007. Ainsi Oséo finance des études scientifiques et cliniques permettant de justifier les allégations ou le développement de nouveaux modèles de bio-marqueurs destinés à l’évaluation rapide de la qualité nutritionnelle des aliments. Par ailleurs, Oséo soutient les fournisseurs de dispositifs et les équipementiers avec deux axes innovation, en faveur de la productivité et de la sécurité alimentaire en associant des technologies microbiologiques ou électroniques (RFID) de pointe. Ainsi les secteurs machines et équipements et mesure-contrôle cumulent 21 projets et 4,5 M EUR.
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Si 80 % des entreprises aidées sont des PME de moins de 50 salariés, cela n’empêche pas une forte implication de la recherche : 40 % des projets mettent en œuvre des partenariats de recherche avec des entreprises, des laboratoires académiques ou des centres techniques.
Bien que la plupart soient des entreprises en développement de plus de dix ans d’âge, Oséo a quand même accompagné 16 créations d’entreprises l’an dernier (après une trentaine en 2006).
Le ministère de l’Agriculture renouvelle sa convention
Dans le cadre de sa convention avec le ministère de l’Agriculture – initiée par le PNDIAA en décembre 2006 et renouvelée le 26 mai dernier pour cette année, Oséo a pu tabler sur 1 M EUR du ministère pour le soutien à la R&D et à l’innovation dans les IAA. Ces interventions sous forme de subventions non remboursables sont réservées en priorité à des entreprises qui ne sont pas déjà clientes d’Oséo : ce sont des aides à la faisabilité pour l’innovation (recrutement de cadres notamment) et des aides au partenariat technologique. Cette convention a permis en 2007 de financer 55 PME (sur les 313 projets soutenus par Oséo) et a conduit en fait au versement d’1,2 M EUR à 49 entreprises alimentaires et à 6 fournisseurs d’équipements. Nord-Pas-de-Calais, Auvergne, Pays de Loire et Aquitaine en ont le plus profité.