Il était temps. Depuis que l’on voit s’effriter son avance à l’exportation, l’agroalimentaire français méritait bien une stratégie claire et c’est ce que voudrait être le plan sectoriel concocté par les ministères de l’Agriculture et du Commerce extérieur. Mais sera-t-elle partagée par ceux qui la mettront en œuvre sur le terrain, c’est à dire les chefs d’entreprises ? Ceux qui sont venus à la journée export de l’Ania ont en effet découvert un plan déjà tout ficelé et très partiellement en phase avec leurs préoccupations. L’Ania avait pourtant pris le soin de s’enquérir des difficultés des entreprises à l’export mais c’est sans attendre le résultat de son enquête que le plan de bataille des ministres avait été arrêté pour être seulement dévoilé lors de cette journée de mobilisation du 30 mars. Sinon, on y aurait peut-être trouvé quelques remèdes aux travers dénoncés par les industriels interrogés : la trop grande complexité, les doublons, le coût et la relative inadaptation des dispositifs d’appui à l’export.
Les industriels ne demandent pas plus d’aides – ce que d’ailleurs le contexte budgétaire rendrait difficile – mais une meilleure aide, ce qui n’est pas la même chose. A entendre les propos tenus à la tribune de l’Ania, on est encore loin du compte.
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Ce qui a si mal réussi au fameux CPE se retrouve ici aussi : on concocte des solutions, et on consulte après. Le plan de soutien et d’adaptation qui vient d’être annoncé pour la filière viticole en crise en est un autre exemple : lors de sa présentation, les entreprises d’aval ont curieusement été « oubliées ».