Consommer cinq fruits ou légumes par jour est donc le nouveau mot d’ordre pour faire reculer cancer, diabète et problèmes cardiaques. C’est aussi un des piliers de la saine nutrition qui nous est prescrite pour endiguer la montée de l’obésité. Mais à ce beau programme il y aurait un obstacle majeur, accusent de bons esprits, médecins ou experts des politiques de santé publique – assez souvent anglo-saxons, d’ailleurs – pour qui la sous-consommation et les prix trop élevés des fruits et légumes sont ni plus ni moins que le résultat de la politique agricole commune. Déjà entendue il y a un an à un congrès scientifique sur l’obésité à Melbourne, la même attaque a fait florès aux dernières journées « Egea 4 » la semaine passée à Bruxelles : les céréales, le sucre, le lait et les matières grasses y ont été traités de «budgétivores» et les fruits et légumes de « grands oubliés de la PAC ». Soit, mais le démantèlement de cette politique qui est bien amorcé répond-il à la question ? Ne va-t-on pas, avec la réforme en cours du régime sucrier, réduire de 35 % le prix du sucre et pousser les industriels à en utiliser davantage ? Et celle de l’OCM fruits et légumes, dont a débattu à son congrès l’organisation des transformateurs européens, paraît si curieusement conçue qu’elle va dissuader les producteurs de produire et pousser, faute de ressources, les industries de transformation à fermer ou à délocaliser… Comprenne qui pourra.
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