Lors du débat organisé le 11 octobre entre l’Association française des journalistes agricoles (Afja) pour la remise de son prix annuel et Stéphane Travert, qui était alors encore ministre de l’Agriculture, ce dernier a défendu la loi et son contenu. « L’esprit des EGA a été respecté », a-t-il affirmé. Cette rencontre avec la presse était pour lui l’occasion rappeler ses convictions à propos des syndicats agricoles, des suicides d’agriculteurs, des attaques de boucheries.
Lors de sa dernière rencontre avec la presse en tant que ministre de l’Agriculture, le 11 octobre avec l’Afja, Stéphane Travert a voulu affirmer la fidélité de la réforme des relations commerciales aux débats des États généraux de l’alimentation. Il estime que le cadre de la loi puis la concertation permettront de définir la notion de prix abusivement bas. Avec les indicateurs de coûts de production, « la loi fera en sorte que les filières aient les mains libres pour définir ce qu’est un prix rémunérateur ».
Prix abusivement bas : « Attendons la concertation »
Stéphane Travert a réagi aux critiques formulées par les syndicats agricoles au sujet de la définition du prix abusivement bas tel que le prévoit le projet d’ordonnance. « Ça commence à bien faire, dans ce pays on pleure avant d’être battu ! Comment peut-on dire cela alors que la concertation n’a pas commencé ? Ça revient à venir à un déjeuner et à dire avant toute chose que ce ne sera pas bon », s’est exclamé Stéphane Travert. Il a souligné que la définition du prix abusivement bas dans l’ordonnance est « un des socles de la loi », grâce auquel les agriculteurs « espèrent tirer leur revenu de leur travail ».
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Le ministre a eu l’occasion à un autre moment, lors de cette rencontre avec la presse, d’exposer sa préoccupation, à propos des suicides d’agriculteurs. Il a voulu montrer qu’il n’est pas coupé du terrain, précisant avoir lui-même des « copains agriculteurs qui ne sont plus là pour parler ». Il a souligné avec émotion qu’il a eu plusieurs camarades de classe agriculteurs qui se sont suicidés. « Certains agriculteurs ne parlent pas de leurs difficultés parce que vis-à-vis des voisins et des copains ce serait exposer son échec », a-t-il avancé.
Stéphane Travert a par ailleurs condamné les violences commises par les antispécistes, notamment contre les bouchers, tout en assurant que le bien-être animal est un sujet pris en compte par les filières agricoles comme par le gouvernement. « Ce sont des actes de violence, que je dénonce avec la plus grande fermeté », a-t-il déclaré lors du débat avec la presse agricole. « Il y a des amalgames qui sont intolérables, notamment le fait de ramener ce qui se passe dans les abattoirs à la Shoah. C’est absolument abject et innommable », a-t-il asséné. Et d’ajouter : « Ceux qui se sont livrés à des exactions sur les boucheries et charcuteries doivent être retrouvés et sanctionnés. Les bouchers ne peuvent pas travailler la peur au ventre », a assuré le ministre.
« La loi fera en sorte que les filières aient les mains libres pour définir ce qu’est un prix rémunérateur »