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Outils d'aide à la décision: Sowit mise sur l'Afrique

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Améliorer l’accès des agriculteurs africains à l’information sur leurs cultures pour faciliter la prise de décision. C’est ce qu’ambitionne de faire Sowit, une start-up créée en début d’année 2018 et installée entre la Station F (Paris) et Casablanca (Maroc), en utilisant l’imagerie satellite pour fournir du conseil personnalisé aux agriculteurs du continent.

«Quand vous êtes agriculteur en France, vous avez certaines infrastructures qui vous fournissent de l’information au quotidien», explique Hamza Rkha Chaham (voir photo ci-dessous), co-fondateur et PDG de Sowit, en citant comme exemple les instituts de recherche, les chambres d’agriculture ou les coopératives. «Nous venons en remplacement de cet écosystème-là qui n’existe pas en Afrique, où l’agriculteur est souvent enclavé d’un point de vue géographique mais aussi d’accès à l’information».

« L’agriculteur paie un abonnement entre 5 et 25 € à l’hectare, pour lequel il peut recevoir des informations sur l’irrigation, la fertilisation ou les dates de récolte tout au long de l’année sur 3 types de cultures : blé, agrume et olivier », via une application mobile lancée en début d’année, détaille Hamza Rkha Chaham.
 

La start-up compte déjà 350 agriculteurs sur la plateforme et 19 000 ha enregistrés en 2019, principalement au Maroc. En plus de cette activité, elle développe des offres spécifiques, gérées par contrats, à destination d’entreprises agro-industrielles installées en Afrique. Des clients pour qui « il faut aller plus loin dans la granularité des services », notamment en raison des surfaces à couvrir, explique Hamza Rkha Chaham. L’entreprise fournit ainsi des conseils pour un producteur de sucre au Sénégal (11 000 ha) ou un exportateur d’agrumes au Maroc (25 000 ha).

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« Notre objectif c’est de prendre des parts fortes auprès des agro-industriels à qui on parle déjà » en 2019, détaille Hamza Rkha Chaham, pariant sur un objectif de 300 000 € cette année. La start-up compte également réaliser une levée de fonds au deuxième semestre de l’année pour mieux développer la chaîne de traitement des informations à destination des agriculteurs inscrits sur l’application, ainsi qu’un service commercial.

D’ici 2 ou 3 ans, elle veut atteindre 2 ou 3 M€ de chiffre d’affaires annuel. La start-up projette également développer des partenariats avec des institutionnels ou des entreprises comme le Crédit Agricole du Maroc ou le ministère de l’Agriculture éthiopien pour « donner un effet de volume » au service. La concurrence n’étant pas encore trop forte, notamment en Afrique du Nord. « Elle vient surtout des acteurs des intrants comme Syngenta ou l’Office chérifien des phosphates au Maroc. Ils ont des compétences d’un point de vue technique mais sont limités d’un point de vue commercial, car les agriculteurs voient mal un agrochimiste être juge et partie », explique Hamza Rkha Chaham.

Romain Ouertal