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UE/Bœuf aux hormones Ouverture autonome d’un contingent de 20 000 t de viande bovine de haute qualité

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L’industrie de la transformation des viandes de l’UE se félicite de la décision des ministres de l’agriculture de l’UE d’adopter le règlement communautaire portant ouverture, à partir du 1er août, d’un contingent de 20.000 tonnes de viande bovine de haute qualité sans hormone pouvant être importée dans l’UE sans droit de douane. L’ouverture de ce contingent fait partie du compromis conclu en mai 2009 entre l’UE et les États-Unis dans le cadre du différend sur le bœuf aux hormones.

« L’industrie européenne se réjouit de la décision des ministres européens d’adopter le règlement sur le contingent de 20.000 tonnes de viande de bœuf de haute qualité non traitée aux hormones dans la mesure où celui-ci permet d’éviter que les exportations agricoles et agroalimentaires européennes ne soient bloquées par les sanctions américaines ». Dirk Dobbelaere, secrétaire général de Clitravi (Centre de liaison des industries transformatrices de viandes de l’Union européenne), explique à Agra alimentation que même si elle n’est pas directement concernée par ces importations (c’est surtout le cas du secteur du catering et des restaurants), l’industrie de la transformation se félicite de cet accord entre les Etats-Unis et l’Europe qui « écarte le spectre d’un embargo sur les exportations d’un grand nombre de denrées alimentaires européennes telles que les fromages français, les viandes de porc néerlandaises ou les eaux minérales italiennes ». Soucieuse de parvenir à des relations commerciales apaisées avec les pays tiers et en particulier avec les États-Unis, l’Union a donc décidé d’offrir, en principe à tous pays tiers, l’ouverture d’un contingent tarifaire autonome pour l’importation de 20 000 tonnes de viande bovine de haute qualité, fraîche, réfrigérée ou congelée et exempté de droit et de prélèvement. Celui-ci est applicable à compter du 1er août 2009 et l’exercice contingentaire va du 1er juillet au 30 juin. Ce règlement a surtout pour objectif d’obtenir des Etats-Unis un allègement des droits d’importation qu’ils imposent à une série de produits européens en réponse à l’embargo sur le bœuf aux hormones d’origine américaine.

Risque de rétorsions des concurrents des Etats-Unis

D’aucuns estiment que si le différend UE/Etats-Unis sur le dossier du boeuf aux hormones est en voie de résolution, l’ouverture de ce contingent de 20.000 tonnes risquerait d’ouvrir un autre front. Des pays tiers gros exportateurs de viande bovine sur l’Europe, comme l’Argentine, le Brésil ou l’Australie se disent discriminés dans la mesure où ils estiment que le contingent décidé est « taillé sur mesure » pour les exportateurs américains. En effet, alors que les éleveurs de ces pays donnent de l’herbe à leurs bêtes, le texte du règlement européen précise en effet que les découpes de viande bovine doivent provenir « de carcasses de bœufs et de génisses de moins de 30 mois et qui ont reçu exclusivement des rations alimentaires contenant au moins 62 % de concentrés issus de céréales fourragères ». Ceci a poussé les concurrents des Etats-Unis à alerter les services de l’OMC pour que celui-ci veille à ce que l’accord UE/Etats-Unis soit appliqué de manière non-discriminatoire. La Commission européenne, qui est charge des négociations mondiales de l’UE a jusqu’au 3 août prochain pour dire comment elle compte satisfaire les uns sans léser les autres.

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