Même si le gouvernement a décrété en décembre un moratoire sur les nouveaux projets de plantation sylvicoles, les éleveurs néozélandais d’ovins s’alarment de voir leurs pâturages reculer face aux pinèdes, subventionnées car elles contribuent à absorber les émissions de CO2. Les éleveurs accusent l’industrie forestière de violer cette décision et leur organisation Federated Farmers a lancé récemment une campagne intitulée « Sauvez nos moutons » pour alerter sur le phénomène. Depuis 2008, un mécanisme public vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, les propriétaires terriens sont encouragés à planter des pins à croissance rapide. Ils reçoivent ainsi des crédits carbone qu’ils peuvent revendre aux entreprises qui cherchent à compenser leurs émissions. La Nouvelle-Zélande est l’un des seuls pays à autoriser la compensation de 100 % des émissions dans des projets liés aux forêts.
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L’annonce du moratoire n’a pas réglé le problème selon Federated Farmers. La fédération a soumis au gouvernement une liste de propriétés qui auraient été vendues pour des projets forestiers en lien avec le marché carbone, représentant plus de 15 200 hectares, a indiqué à l’AFP un porte-parole. Le gouvernement a promis de modifier la loi d’ici octobre. Il s’agira aussi de « clarifier » quelles conversions respectent le moratoire, a indiqué le ministre de l’Agriculture et des Forêts, Todd McClay, assurant que les terres acquises depuis son entrée en vigueur le 4 décembre ne pourraient pas participer au marché des crédits carbone. L’agriculture représente plus de la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre de la Nouvelle-Zélande, selon les chiffres du gouvernement. Mais les exploitants assurent avoir fait d’importants efforts pour réduire leurs émissions, en baisse de plus de 30 % depuis les années 1990.