Le CNPO (interprofession des œufs) a indiqué le 6 octobre que la filière ne pourra pas généraliser l’ovosexage d’ici la fin 2022. Au-delà des freins techniques, le CNPO reconnaît des « difficultés pour la répercussion » du surcoût lié au sexage.
Alors que le ministre de l’Agriculture a annoncé la fin du broyage des poussins courant 2022, « nous ne serons pas prêts à 100 % fin 2022 », a estimé Loïc Coulombel, le vice-président du CNPO (interprofession), lors d’une conférence de presse le 6 octobre. L’ovosexage (détermination du sexe du poussin dans l’œuf) est « la seule alternative possible à mettre en œuvre dans les délais », a rappelé celui qui est aussi président du Snipo (industriels). Un décret attendu dans les prochains jours obligera notamment les couvoirs à avoir commandé des machines d’ovosexage au 1er janvier 2022. « Les commandes seront faites par les couvoirs », promet M. Coulombel, mais « le temps de mise en œuvre sera long », notamment à cause du délai de fabrication des machines.
Craintes pour les ovoproduits
Autre inquiétude du CNPO : la répercussion du surcoût de l’ovosexage, chiffré à 56 millions d’euros par l’Itavi. Aux investissements dans les couvoirs pour installer les machines de sexage (15 millions d’euros, dont 10 millions d’aides de l’État) s’ajoute le coût de l’opération de sexage. Selon la méthode employée (AAT ou Seleggt), le surcoût peut atteindre entre 4,5 et 15 %, soit un à quatre centimes pour une boîte de six œufs. Les craintes du CNPO ne se concentrent pas sur la grande distribution, « un marché assez protégé », relève Loïc Coulombel. C’est plutôt le segment des ovoproduits pour la RHD et les industries agroalimentaires qui, lui, « peut se trouver en difficulté demain ». Or, ce débouché très concurrentiel absorbe 55 % des œufs produits en France. « L’interprofession rencontre des difficultés pour la répercussion des charges liées à ces nouvelles technologies [d’ovosexage], notamment pour les marchés de la restauration et des industries alimentaires », indique le CNPO dans son dossier de presse.
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Aujourd’hui, seules la France et l’Allemagne se sont engagées à arrêter le broyage des poussins. Afin d’éviter un afflux d’ovoproduits importés, le CNPO a réitéré son souhait d’une « harmonisation européenne ». « Le ministre s’est engagé à porter ce sujet » lors de la présidence française de l’Union européenne début 2022, souligne M. Coulombel. En juillet, lors du Conseil des ministres de l’Agriculture, Paris et Berlin ont reçu le soutien de dix autres Etats membres. Mais comme l’admet Loïc Coulombel, même avec une majorité, ce sujet ne se concrétiserait « pas avant trois ou quatre ans ».