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Politique agricole commune Pac 2014-2020 : des craintes françaises sur la convergence des aides

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Lors d'une table ronde intitulée « Politique agricole commune 2014-2020 : quels enjeux pour la maïsiculture? », à Grenoble le 5 septembre, Xavier Beulin, président de la FNSEA, a fait part des craintes de son syndicat vis-à-vis de la convergence des niveaux d'aides Pac entre les pays européens. Animée par Christophe Terrain, président de l'AGPM (Assemblée générale des producteurs de maïs) et de la CEPM (Confédération européenne de la production de maïs), cette réunion était l'occasion d'évoquer les sujets défendus par les syndicats agricoles français, du maintien des budgets de la Pac à la recherche de positions communes au sein de l'Union européenne. L'occasion pour Xavier Beulin et Michel Dantin, député européen et membre de la commission Agriculture du Parlement européen, de présenter le travail réalisé et restant à faire pour défendre les intérêts des agriculteurs français au sein de la future Pac.

«Certains gouvernements européens se posent la question du maintien de la Pac en Europe, et à moyen ou long terme on arrivera à sa remise en cause », a déclaré Xavier Beulin, président de la FNSEA, lors d'une table ronde intitulée « Politique agricole commune 2014-2020 : quels enjeux pour la maïsiculture? » à Grenoble le 5 septembre. Mais pour le moment, le président de la FNSEA a indiqué être satisfait du maintien attendu du budget de la Pac pour la période 2014/2020, le qualifiant de « bonne base de discussion ». Néanmoins, des craintes sur un retour en arrière subsistent avec les difficultés financières qu'ont rencontré les Etats membres durant l'été. Puis, saluant la pression mise par le couple franco-allemand pour conserver des « bases de travail sérieuses » concernant les budgets Pac, le président de la FNSEA a soulevé le problème de la convergence des niveaux d'aides à l'agriculture entre les pays européens.

La convergence des aides, un problème d'équité

Malgré une satisfaction affichée sur le maintien des budgets de la Pac, Xavier Beulin a déclaré qu'il fallait « continuer à se battre » car, selon lui, il manque encore 10Mds€ pour finir l'intégration des nouveaux Etats membres en Europe et l'inflation pourrait faire perdre du pouvoir d'achat aux agriculteurs. « Les nouveaux entrants demandent une mise à niveau des DPU (droit à paiement unique), ce à quoi nous opposons que le pouvoir d'achat n'est pas le même pour un euro dépensé selon les pays », a souligné Xavier Beulin. Selon lui, la moyenne européenne des DPU est d'environ 280€/ha avec des valeurs allant de 80 à 400€/ha. « Dacian Ciolos propose d'amener les Etats membres dont les DPU représentent moins de 90% de la moyenne des paiements au sein de l'UE à 27, à réduire d'un tiers l'écart entre leur niveau actuel et les 90%, et de ramener les pays au dessus à ce niveau, ce qui engendrerait 500M€ de pertes à l'année sur les budgets français », a indiqué Xavier Beulin. Il demande à ce que l'on conserve le niveau de 100% pour ne pas créer de problèmes en France. « Si des efforts sur la convergence doivent être faits, sept ans ne sont pas de trop », a insisté Xavier Beulin.

Un débat européen divergent sur le « pas de temps » de la convergence

« Le débat sur le « pas de temps » (temps nécessaire NDLR) de la convergence devrait avoir lieu assez vite entre les représentants agricoles européens car le cadre se nouera mi-2012 », a souligné Michel Dantin, député européen et membre de la commission Agriculture du parlement européen. Selon lui, si la France demande une période de transition de 10 ans, les pays d'Europe centrale demandent plutôt 3 ans. Une période de 7 ans pourrait être retenue au final, d'après Michel Dantin. « Il faut avoir des positions communes en France entre les députés européens verts, socialistes et UMP pour tirer les autres pays », a-t-il d'ailleurs déclaré. Il a aussi insisté sur la nécessité de trouver des positions communes entre les syndicats agricoles des pays européens pour défendre une certaine idée de la Pac. Enfin, concernant la régulation, si la France et l'Allemagne ont des points de vue divergents, l'Hexagone trouve des soutiens du côté de l'Espagne, de l'Italie ou de certains pays d'Europe centrale tels que la Pologne, la Roumanie ou la Hongrie, a souligné Michel Dantin.

Concernant la maïsiculture

L'eau conditionne la productivité des activités agricoles, et en particulier en maïsiculture, a indiqué Xavier Beulin. Selon lui, « si il n'y a pas d'agissement pour stocker plus d'eau et combiner compétitivité économique et environnement, nous allons au devant de problèmes à terme ». Si l'aide à la diversité des assolements inquiète les exploitations en monoculture de maïs, Michel Dantin a expliqué qu'elle visait principalement à lutter contre la monoactivité. Face à l'inquiétude d'un maïsiculteur transformant directement son maïs en palmipèdes gras, Michel Dantin a expliqué qu'il faudrait soumettre au débat européen ces cas où le maïs, même en monoculture, est transformé directement sur l'exploitation et permet une restitution de matière organique aux sols. Pour Xavier Beulin, la diversité des assolements doit s'en tenir aux propositions d'Orama (syndicat des producteurs de grandes cultures) qui préfère que les agriculteurs aient un choix parmi des mesures optionnelles, plutôt que de s'en voir imposer quelques unes. Enfin, Michel Dantin a tenu a rassuré en expliquant que le plafonnement des aides Pac ne devrait pas concerner la France, mais plutôt les anciens kolkhozes privatisés en Europe centrale.

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