Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen a beau assurer « qu’avec la proposition de fonds unique, nous nous écartons de la structure actuelle du budget de la Pac, avec ses deux piliers, rigide et trop complexe », de nombreux ministres de l’Agriculture de l’UE contestent cette promesse de simplification. Au contraire, lors de leur réunion le 11 décembre à Bruxelles, une majorité d’entre eux a de nouveau critiqué la fusion des fonds de la Pac au sein des Plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR). « Une première simplification serait déjà de rapatrier l’ensemble des dispositions touchant l’agriculture au sein du règlement Pac », a souligné l’Estonie. La France a, quant à elle, a rappelé son opposition « à la baisse des enveloppes budgétaires alors que nos principaux concurrents (Etats-Unis, Chine…) renforcent leurs aides ». Et la Slovaquie de rappeler que « dans une semaine plusieurs milliers d’agriculteurs seront devant ce bâtiment pour demander une Pac prévisible reposant sur deux piliers ». Toujours aussi remonté contre la proposition de dégressivité et de plafonnement des aides directes, le ministre slovaque a rapporté que « tous les agriculteurs » qu’il rencontre lui font part de leur crainte « des charges administratives qui les menacent sur le plan existentiel ».
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Pourtant, quelques États membres (Allemagne, Finlande, Suède) semblent se satisfaire de la proposition sur la table, demandant même encore plus de marges de manœuvre pour les États membres. « Il y a encore trop de dispositifs obligatoires (comme ceux pour les petits agriculteurs) », a déploré le ministre suédois. Pour son homologue allemand, le recueil d’informations « doit se limiter à ce que l’on doit absolument savoir (need to know) et pas à ce qu’il est bon de savoir (nice to know) ».
Face à ces réactions, Christophe Hansen s’en tient à sa ligne : il promet de « continuer à dialoguer avec les délégations pour trouver des solutions et apporter des éclaircissements » sur les PPNR ou la nouvelle conditionnalité.