Les dérogations accordées en 2022 aux règles de la Pac sur la rotation des cultures et l’utilisation des jachères n’ont eu que très peu d’impact sur la sécurité alimentaire de l’UE (alors qu’il s’agissait de l’objectif initial de cette mesure), constatent dans une étude publiée fin mai par plusieurs ONG (Global2000, Birdlife…). Leur analyse montre qu’« à l’exception des États membres nordiques, c’étaient le maïs, le soja et le tournesol oléagineux qui étaient les principales cultures cultivées sur les surfaces d’intérêt écologique libérées » des cultures principalement destinées à l’alimentation animale et l’industrie. À l’inverse « aucune céréale panifiable ne figure parmi les principales cultures cultivées ».
Durant l’été 2022, la Commission européenne a décidé de prolonger d’une année (en 2023) ces dérogations qui, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Pac, s’inscrivent désormais dans le cadre des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE), afin là encore de stimuler la production dans le contexte de la guerre en Ukraine. Sur les 28 plans stratégiques de la Pac, 26 ont intégré la dérogation aux BCAE 7 (rotations des cultures) et 24 la dérogation aux BCAE 8 (entretien des surfaces non productives). Pour 2023, le texte précise toutefois que la culture de maïs et de soja ne sera pas possible dans ce cadre. Mais, déplorent les ONG, « il n’est pas expliqué comment les États membres doivent prouver que cette exigence sera respectée. Ils devront seulement fournir une évaluation de l’impact de ces dérogations sur la sécurité alimentaire, parallèlement au rapport annuel de performance ». Vu la difficulté pour les auteurs du rapport « de trouver des données agrégées sur l’effet des dérogations de 2022 au niveau de l’UE et des États membres, il est peu probable que de telles données soient fournies volontairement par les États membres pour 2023 ».
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Depuis plusieurs semaines, la commission de l’Agriculture du Parlement européen, notamment les élus du groupe PPE (droite), pousse pour que la Commission européenne prolonge ces dérogations en 2024 et 2025.