La Commission européenne n’envisage en aucun cas une renationalisation de la Pac et n’est pas favorable au cofinancement des paiements directs. Soit. Ce qu’elle propose, c’est « seulement » de confier aux États membres la mise en œuvre chez eux de cette politique, moyennant des garde-fous afin que le marché unique soit préservé et la concurrence équitable. Soit (même s’il est douteux que ce soit là le moyen d’atteindre l’objectif affiché : la simplification). Alors, peut-on imaginer d’aller jusqu’au bout du raisonnement que sous-tend ce projet ? Si les autorités nationales doivent avoir la responsabilité d’appliquer la réglementation européenne sur le terrain, leurs choix ne devront pas être obérés par d’autres politiques de l’UE. Et notamment par sa politique commerciale. Il y a là une contradiction, comme le confirment les laborieuses négociations avec le Mercosur. Une mise en garde contre des concessions agricoles au bloc sud-américain jugées dangereuses pour certains secteurs agricoles sensibles a d’ailleurs été lancée au sommet européen par l'Irlande et la France. Au plus haut niveau, cette dernière a alerté Bruxelles sur les risques de « déstabilisation économique » de certaines filières, l’élevage bovin notamment, et de nivellement par le bas de la qualité sanitaire. Il serait de fait logique que l’UE ne défasse pas ce qu’elle veut demander aux États membres de faire. À cela l’exécutif européen rétorque qu’il consent, en échange, tous les efforts pour développer les exportations des produits en question. Pas sûr que cette réponse soit suffisante.
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