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Pac : le Copa-Cogeca vent debout contre Bruxelles et ses propositions

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Dans la même ligne que le Parlement européen et les ministres de l’Agriculture de l’UE, le Copa-Cogeca a aussi critiqué les propositions de Pac post-2027 et de son budget en dévoilant les dix lignes rouges franchies par Bruxelles. Mettant également en avant un manque de consultation en amont, ses dirigeants souhaitent rencontrer Ursula von der Leyen dans l’espoir d’une autre voie.

Après un « été noir pour l’agriculture de l’UE », les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) organisaient, le 26 septembre, leur conférence de presse de rentrée. L’occasion pour elles de présenter les dix lignes rouges franchies par la Commission européenne dans ses propositions de cadre financier pluriannuel 2028-2034 et de Pac post-2027 présentées le 16 juillet. « Personne n’est prêt à accepter l’inacceptable », a ainsi déclaré le président du Copa, Massimiliano Giansanti, qui estime que les textes « ne reconnaissent pas la valeur des activités agricoles » et qu’ils représentent une menace existentielle pour le secteur. Concrètement, le Copa-Cogeca considère que les propositions sur la table mettent en danger la sécurité alimentaire de l’UE, actant ainsi le rejet des propositions tels que présentés. Pour ces organisations, l’architecture de la nouvelle Pac va à l’encontre des traités européens et démantèle son caractère commun. Au premier rang des contestations : la coupe budgétaire de 20 % de la Pac qui ramène le soutien agricole « à moins de 15 % des dépenses totales de l’UE ». Un budget qui ne peut donc pas correspondre « aux besoins et aux ambitions », selon le Copa-Cogeca.

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Elles critiquent aussi la suppression de la structure à deux piliers alors que l’approche du « plan national unique » est considérée comme une augmentation de la charge administrative. Un constat également partagé par le think tank Farm Europe qui dénonce « le grand enfumage » de ces plans, notamment sur le plan budgétaire. Enfin, le plafonnement et la dégressivité sont, pour les deux organisations européennes, des outils trop rigides qui ne respectent pas la diversité des exploitations.

Changement de cap

Mais au-delà du fond des propositions, c’est aussi le manque de consultations en amont qui suscite le mécontentement du Copa-Cogeca, malgré sa participation au dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture ou au Conseil européen de l’agriculture et de l’alimentation (EBAF). « Tous les jalons essentiels ont été sautés », estime la secrétaire générale Elli Tsiforou. Et d’ajouter : « Nous sommes restés dans le noir jusqu’au 16 juillet » et la présentation des textes. Partisan du maintien d’un dialogue, le principal lobby agricole de l’UE pousse donc une nouvelle fois pour rencontrer directement la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen afin de « trouver une autre voie ». Mais il n’exclut pas non plus d’organiser, si nécessaire, des manifestations d’ici la fin de l’année, notamment au moment des sommets des chefs d’État et de gouvernement, pour se faire entendre. « Les tracteurs sont prêts », a réaffirmé Massimiliano Giansanti.