Les surfaces pâturées ligneuses (SPL) reviennent sur le devant de la scène avec une réunion sur le sujet au ministère de l’Agriculture, le 28 février. La Confédération paysanne avait déjà organisé le 21 février une conférence de presse sur le sujet, accompagnée du témoignage de deux jeunes agriculteurs. Le syndicat revendique l’application du règlement Omnibus par la France qui permettrait de mieux intégrer certaines surfaces pâturées ligneuses dans les aides à la surface.
En effet, selon le syndicat, la France a jusqu’au 31 mars pour signifier à la Commission européenne d’éventuelles modifications quant à ces SPL. La question s’était déjà posée en 2015 et la France avait mis en place une exception pour 23 départements, notamment dans les régions Paca, Occitanie et Pyrénées. Mais la Commission européenne a remis en cause la décision française en 2015 et 2016.
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Aujourd’hui, le règlement Omnibus permettrait « une reconnaissance plus large de ces surfaces dès qu’elles génèrent une activité agricole », a expliqué Jacques Pasquier, responsable national en charge de la Pac à la Conf’, d’où les revendications du syndicat. À la suite de la réunion, Laurent Pinatel, porte-parole de la Conf’, s’est déclaré déçu. En effet, ces surfaces pâturées ligneuses posent la question plus globale du devenir et du soutien des zones pastorales. Entretenues par les animaux, ces zones contribuent à réduire les feux de forêt et à entretenir la biodiversité. La présence d’élevage diminue la déprise agricole. Sans soutien de la Pac, les éleveurs ne sont pas incités à rester dans ces zones. Le ministère « gère le problème de façon budgétaire et politique, sans aller plus loin », souligne Laurent Pinatel.
De son côté, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, a estimé, qu’il n’était pas crédible d’utiliser l’Omnibus pour débloquer cette situation et qu’il valait mieux « revoir les critères pour conserver un minimum de zones » face aux demandes de révision de Bruxelles, ce vers quoi tend d’ailleurs le gouvernement.