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Position Pac : l’emploi et l’élevage sont les priorités du parti socialiste

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Le paiement redistributif aux 52 premiers hectares et l’abandon des références historiques avec une convergence des aides à 100 % à l’horizon 2019 : telles sont les options soutenues par le parti socialiste pour la Politique agricole commune.

«La surprime aux 52 premiers hectares est pour nous la meilleure façon d’essayer d’aider l’emploi qui n’est pas le fait des grandes exploitations. D’ailleurs les seuls en désaccord avec ce paiement redistributif sont ceux qui sont à la tête des très grandes exploitations, car le paiement redistributif est favorable jusqu’à 90-100 hectares », a indiqué le 18 septembre le député de la Dordogne, Germinal Peiro. « Pourtant, il n’y a pas beaucoup d’agriculteurs du Bassin parisien qui ont mis la clé sous la porte ces dernières décennies. Pour des champions de la compétitivité, c’est quand même étonnant qu’ils attendent des aides publiques pour vivre », a-t-il attaqué.

 
Les aides couplées pour compenser
À l’occasion d’une conférence de presse, rue de Solférino, le Parti socialiste a sans surprise adopté la position du ministre de l’Agriculture en matière de Politique agricole commune (Pac). Le soutien renforcé aux 50 premiers hectares, l’abandon progressif des références historiques avec une convergence des aides à 100% à l’horizon 2019 (selon un mécanisme progressif et des pertes n’excédant pas plus de 30%) et une « utilisation judicieuse » des soutiens couplés sont pour eux la solution, « non pour aller à l’encontre de la compétitivité mais bien pour ne pas pénaliser l’emploi », a insisté Germinal Peiro. « Ce scénario que nous avons choisi (le 3bis du ministère de l’Agriculture, ndlr) permet une réelle prise en compte de l’emploi et de l’élevage », a expliqué le député. Et il ne s’agit pas, a-t-il précisé, de mettre dos à dos les agriculteurs, tout en reconnaissant, cependant, que ce scénario n’était « pas parfait » : « Certaines productions (grandes cultures et laitiers soja-maïs) accusent des baisses qui peuvent mettre en cause leur viabilité économique ». Pour palier l’écart, les aides couplées devraient permettre de corriger « ces imperfections », a indiqué le parlementaire, et de donner un signal pour le maintien de ces productions, notamment la production laitière. Le scénario garantit également, a-t-il ajouté, l’orientation agro-écologique voulue par le ministre de l’Agriculture. Et de souligner que le verdissement, « c’est bien ce qui justifie le versement de l’argent publique sur les terres agricoles ». En effet, « je passe la moitié de mon temps à justifier les aides aux paysans auprès des citoyens. Il fallait donner des gages à la société : c’est la contrepartie environnementale... Et sociale. Car notre système de soutien sera acceptable que si l’on maintient l’emploi agricole et agroalimentaire ».
 
Début des auditions à l’Assemblée nationale en novembre
Quant au projet de loi d’avenir pour l’agriculture, « nous le soutenons », a affirmé Germinal Peiro qui en sera lui-même le rapporteur à l’Assemblée nationale. Si les débats débutent le 7 janvier 2014 dans l’hémicycle, les auditions sur le sujet seront lancées après le 30 octobre et la présentation du texte en Conseil des ministres. Le texte sera discussion le 10 décembre en commission économique de l’Assemblée nationale. Parmi les mesures phares, le député socialiste a soutenu précisément le renforcement du rôle des Safer – soulignant la mise en place d’un fonds de mutualisation national, prévu par le projet de loi d’avenir, « pour une meilleure cohérence de l’action des Safer sur l’ensemble du territoire ». Pas de politique agricole commune sans contrôle des structures, a-t-il poursuivi. « Non seulement aujourd’hui l’attractivité du métier est réduite, mais il est devenu très difficile, de plus, de s’installer en raison de ce phénomène général lié à l’agrandissement ». Le Parti socialiste a rappelé viser au final le maintien d’une agriculture compétitive et du nombre d’agriculteurs en France.

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